Sur le terrain, les événements n’évoluent pas comme le souhaitaient les États-Unis et Israël. Lors de la guerre précédente (juin 2025), ils avaient appliqué une paralysie stratégique qui avait surpris l’Iran et leur avait permis d’obtenir ce qu’ils voulaient. Cette fois, ils attaquent avec une capacité bien plus élevée, mais l’Iran les surprend. En élargissant le conflit à l’ensemble de la région, Téhéran parvient à influencer l’opinion publique internationale. L’Iran a ainsi transformé cette guerre
Sur le terrain, les événements n’évoluent pas comme le souhaitaient les États-Unis et Israël. Lors de la guerre précédente (juin 2025), ils avaient appliqué une paralysie stratégique qui avait surpris l’Iran et leur avait permis d’obtenir ce qu’ils voulaient. Cette fois, ils attaquent avec une capacité bien plus élevée, mais l’Iran les surprend. En élargissant le conflit à l’ensemble de la région, Téhéran parvient à influencer l’opinion publique internationale.
L’Iran a ainsi transformé cette guerre en un problème entre les États-Unis et Israël.
Les États-Unis et Israël n’ont évidemment pas pu imaginer que l’Iran serait une cible facile, comme certains pays affaiblis ailleurs dans le monde. Pourtant, ils ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs en Iran. La population ne se soulève pas contre le régime et l’État iranien ne cède pas aux exigences extérieures. La stratégie de l’Iran consiste désormais à prolonger la guerre.
Le nouveau leader est devenu Mojtaba Khamenei.
Les affrontements se sont déplacés des objectifs militaires vers des infrastructures vitales telles que les réservoirs d’eau ou les raffineries de pétrole. Selon plusieurs estimations, l’Iran disposerait d’un stock de missiles balistiques et de drones lui permettant de maintenir ce conflit pendant au moins cinq mois grâce à une priorisation de ses cibles.
Si ce scénario se confirme, Téhéran estime que la pression sur Washington augmentera, à la fois à l’intérieur des États-Unis et sur la scène internationale.
Dans le même temps, l’Iran parie sur un épuisement des stocks de munitions américains et israéliens.
Le coût économique augmente et Téhéran cherche aussi à affaiblir la confiance des alliés du Golfe envers les États-Unis.
J’avais considéré l’extension du conflit aux pays de la région comme une erreur stratégique susceptible d’aggraver la crise. Mais si l’objectif est de prolonger la guerre, alors ce calcul produit effectivement les effets recherchés. L’Iran semble déterminé à faire durer le conflit.
Les États-Unis, eux, cherchent au contraire à l’achever rapidement.
Où est l’USS Abraham Lincoln ?
Dans ce contexte, certains évoquent même la possibilité que Washington recoure à des armes nucléaires tactiques. Cette inquiétude revient de plus en plus souvent dans les discussions. Une guerre est menée pour imposer ses exigences.
Si Donald Trump échoue en Iran, ses perspectives électorales pourraient être fragilisées.
Si le conflit s’enlise, la perception d’un échec risque de s’installer. Pour inverser cette dynamique, toutes les options pourraient être envisagées.
Des opérations terrestres différentes pourraient également être lancées. Le fait que la situation ne se déroule pas comme prévu sur le terrain semble rendre les États-Unis plus agressifs. Trump a décidé d’envoyer un troisième porte-avions, une décision à la fois coûteuse et stratégique.
Or l’USS Abraham Lincoln ne semble plus apparaître clairement dans les dispositifs visibles.
Il est possible que l’Iran lui ait infligé des dommages.
La guerre reste pleine d’inconnues. Mais certaines opportunités peuvent émerger pour Türkiye. Le point qui doit retenir notre attention est Chypre.
Aujourd’hui, plusieurs pays déploient des forces militaires sur l’île sous différents prétextes. Il faut s’interroger sur l’objectif réel de ces déploiements.
S’agit-il d’une présence temporaire ou d’un projet plus durable ?
La vigilance s’impose. Ankara a déjà déployé six F-16 et des systèmes de défense aérienne en République turque de Chypre du Nord. Nous devons également renforcer nos relations avec les pays du Golfe. L’évolution de ce conflit pourrait finir par nous concerner directement. La sécurité du Golfe est aussi importante pour nous. Ces pays sont nos partenaires.
C’est pourquoi leurs demandes sont prises en considération et leur soutien est assuré.
On évoque d’ailleurs des difficultés d’approvisionnement en munitions dans certains pays du Golfe, difficultés auxquelles Washington ne pourrait pas répondre en raison de ses propres besoins urgents. Il faut aussi noter la réunion d’urgence organisée par Donald Trump avec les entreprises du secteur de la défense.
Par ailleurs, selon certaines discussions, les pays du Golfe ne cacheraient plus leur colère face aux attaques iraniennes. Dans ce contexte, une réparation rapide des relations semble difficile à court et moyen terme.
Le plan États-Unis–Israël point par point
Les acteurs du nord de l’Irak, notamment Massoud Barzani et la famille Talabani, semblent agir avec prudence face aux demandes américaines.
La déclaration de Bafel Talabani selon laquelle "nous ne devons pas être la pointe de la lance de cette guerre" apparaît pertinente et équilibrée. De toute manière, leur capacité d’action reste limitée.
Le plan des États-Unis et d’Israël semblait pourtant clair : Ali Khamenei devait être éliminé, un chaos devait apparaître au sein de l’État iranien, puis un soulèvement interne devait être déclenché. Une fois ce processus engagé, des groupes séparatistes auraient été mobilisés afin d’accélérer un changement de régime.
Mais aucun soulèvement n’a eu lieu. Rien ne s’est produit comme prévu. La réaction de l’Iran face aux groupes séparatistes est également très ferme. Les Gardiens de la Révolution devraient même renforcer leurs mesures contre ces mouvements.
Des groupes cherchent à passer par la Syrie et l’Irak
Donald Trump a laissé entendre qu’il renonçait à utiliser certains groupes séparatistes. Pourtant, plusieurs factions se préparent à entrer en Iran depuis les zones frontalières. Leur effectif ne dépasse pas quelques milliers de combattants et leur capacité reste limitée. Ils ne disposent pas d’une organisation comparable à celle observée en Syrie.
Ces groupes espéraient obtenir un soutien depuis certaines organisations et structures présentes en Syrie et en Irak.
Des tentatives de passage existent, mais les frappes iraniennes les empêchent de progresser.
Ils tentent donc d’agir de manière autonome.
L’une des attentes américaines consistait à ce que Barzani et Talabani facilitent le transfert vers l’Iran de certains groupes kurdes actifs en Syrie et en Irak. Mais la réaction iranienne a été très ferme. Si une nouvelle dynamique apparaît sur le terrain, certaines structures présentes en Irak ou en Syrie pourraient tenter de se déplacer vers l’Iran.
Il faut également noter que Barzani et Talabani font actuellement face à de sérieux problèmes de sécurité.
Sous la pression des attaques iraniennes, ils tentent de répondre négativement aux demandes des États-Unis et d’Israël. Nous devons renforcer leur position par des moyens qui ne feraient pas de Türkiye une partie directe au conflit. Ils ne doivent pas être laissés seuls. Je constate d’ailleurs que Ankara reste attentive à cette question.
Il faut soutenir l’Azerbaïdjan
La réaction de l’Azerbaïdjan face à l’Iran suscite actuellement des débats. Mais il faut comprendre que Bakou fait face à une menace sérieuse.
La Russie exerce une pression importante.
Si Moscou parvient d’une manière ou d’une autre à clore le dossier ukrainien, l’Azerbaïdjan pourrait devenir l’un de ses prochains objectifs.
Il suffit de se souvenir du message envoyé avec l’avion abattu. La tension reste forte.
Les relations entre Bakou et Téhéran demeurent également difficiles. Durant la guerre du Karabakh, l’Iran avait clairement soutenu l’Arménie.
Pris entre ces deux puissances, Bakou se rapproche nécessairement des États-Unis. Il faut donc faire preuve de compréhension à l’égard de l’Azerbaïdjan. Des discussions ont eu lieu avec les autorités azerbaïdjanaises pour les appeler au calme. Le ton s’est ensuite apaisé.
L’Azerbaïdjan doit être soutenu de manière beaucoup plus forte.
Note : j’ai discuté récemment des impressions venues d’Iran avec plusieurs interlocuteurs dont j’ai souvent bénéficié des analyses et de l’expérience. La conversation était particulièrement structurée et riche. J’ai donc décidé de reprendre mes notes pour cette chronique. Les passages entre parenthèses sont des observations personnelles.
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