Une association des juristes saisit le Conseil des droits de l’homme de l’ONU après les propos de Jean-Noël Barrot

La rédaction avec
18:5124/02/2026, mardi
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La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese.
Crédit Photo : Fabrice COFFRINI / AFP
La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a appelé à la démission de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. L’association JURDI a saisi le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour contester cette prise de position.

L’Association des Juristes pour le Respect du Droit International (JURDI) a pris l’initiative de déposer une communication formelle auprès du Conseil des droits de l’homme de l’ONU contre le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a appelé publiquement, le 11 février 2026, à la démission de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé depuis 1967.

L’association a partagé son communiqué et sa saisine sur son compte officiel X, précisant qu’il s’agit d’une procédure de protection institutionnelle et non d’une prise de position sur le contenu politique du mandat.


Publication du compte officiel de JURDI sur X.

Les rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, et ne représentent pas les États. Selon JURDI, les appels à la démission pour des propos tenus dans l’exercice de leurs fonctions constituent un risque d’intimidation et de représailles, portant atteinte à l’intégrité institutionnelle du système des Nations unies.

JURDI sollicite le Conseil des droits de l’homme d’examiner le cas de Francesca Albanese et d’inclure l’affaire dans le prochain rapport annuel du Secrétaire général concernant les actes d’intimidation et de représailles.

L’association souligne que la démarche vise à protéger la liberté d’action et l’indépendance fonctionnelle des titulaires de mandat, assurant que ceux-ci puissent exercer leurs fonctions sans influence directe ou indirecte.

Aucune réponse officielle du ministère français des Affaires étrangères n’a été communiquée à ce stade. JURDI souligne que son action ne concerne pas le contenu politique des rapports d’Albanese, mais la garantie de ses droits institutionnels et de son immunité fonctionnelle, définie par la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies de 1946.

Francesca Albanese occupe depuis 2022 le mandat de rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967.

Les rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme et ne représentent pas officiellement les États membres de l’ONU. Leurs mandats consistent à enquêter et à rendre compte publiquement des violations présumées des droits humains.

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