Francesca Albanese, rapporteuse spéciale nommée par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a appelé le 11 février à la démission de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale nommée par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur la situation des droits humains dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967.
Cette demande, formulée à l’Assemblée nationale, doit être portée lors de la session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies prévue le 23 février.
Les critiques du ministre s’appuieraient sur une vidéo
d’une intervention d'Albanese au Forum de Doha en décembre 2025, selon l’ONG, Human Rights Watch (HRW).
Dans un communiqué publié le 19 février à Genève, l’ONG affirme que la séquence aurait été montée de manière à laisser croire que la rapporteuse aurait qualifié Israël d’
"ennemi commun de l’humanité"
. Barrot a ensuite évoqué
"une série de provocations"
attribuées à l’experte onusienne.
Balkees Jarrah, directrice par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, a déclaré
"la dernière attaque injustifiée contre la Rapporteuse spéciale cherche à faire taire les critiques à l’égard des autorités israéliennes pour leurs atrocités contre les Palestiniens".
Elle a également estimé qu’
"exercer une pression indue sur une experte de l’ONU porte atteinte à l’indépendance et à l’intégrité du système des droits humains de l’ONU".
"Allégations mensongères"
En France, l’organisation Attac France a affirmé sur le réseau social américain X que
"demander la démission de Francesca Albanese, c’est attaquer l’indépendance des rapporteur·ses de l’ONU"
. De son côté, le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI), qui regroupe plusieurs organisations, a qualifié la démarche ministérielle de
et a demandé au chef de l’État d’intervenir pour que la France revienne sur cette annonce.
Le CNPJDPI affirme que la déclaration du ministre repose sur
"des allégations mensongères"
et rappelle qu’Albanese bénéficie, en vertu de son mandat, de privilèges et immunités garantissant son indépendance.
Le collectif souligne également que la demande de démission fait suite à une question orale posée par la députée Caroline Yadan, co-signée par une trentaine de parlementaires.
À ce stade, aucune décision formelle n’a été prise concernant Albanese. La question devrait être abordée lors de la prochaine session du Conseil des droits de l’homme, le 23 février à Genève.
Francesca Albanese occupe depuis 2022 le mandat de rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967.
Les rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme et ne représentent pas officiellement les États membres de l’ONU.
Leurs mandats consistent à enquêter et à rendre compte publiquement des violations présumées des droits humains.
#Francesca Albanese
#ONU
#Palestine