Thomas Guénolé: "Quentin Deranque était un néofasciste antisémite"

David Bizet
17:4719/02/2026, jeudi
Yeni Şafak

Le politologue Thomas Guénolé dénonce la minute de silence observée à l’Assemblée nationale en hommage à Quentin Deranque, militant d’extrême droite décédé après une rixe. Il distingue la condamnation d’une mort violente de l’hommage solennel rendu par l’institution. Selon lui, cet acte constitue un précédent historique grave et un signal politique inquiétant. Il pointe également la cohérence du Rassemblement National avec son histoire, tout en s’interrogeant sur la responsabilité des autres députés présents dans l’hémicycle.

Une minute de silence "pour un fasciste" à l’Assemblée nationale


La
minute de silence
observée à l’
Assemblée nationale
en hommage à
Quentin Deranque
, militant d’extrême droite décédé après un traumatisme crânien consécutif à une rixe entre militants de camps opposés, continue de susciter de vives réactions politiques.

Dans une interview exclusive, le politologue
Thomas Guénolé
revient sur cet hommage solennel organisé dans l’hémicycle de l’
Assemblée nationale
. Selon lui, cet acte pose un problème politique et moral majeur.

"Quentin Deranque était néofasciste et antisémite"
, affirme-t-il d’emblée. Il distingue clairement la condamnation d’une mort violente et la décision d’honorer publiquement le défunt.

"Désapprouver le fait qu’il soit mort, lynché, c’est une chose. Rendre hommage solennellement, par une minute de silence à l’Assemblée nationale de la République française, à un militant fasciste, antisémite et adepte des tabassages de rues lui-même, c’en est une autre."

Le décès de
Quentin Deranque
fait suite à une bagarre de rue entre militants aux affiliations idéologiques opposées. Les circonstances exactes restent au cœur des investigations judiciaires. Certains responsables politiques ont laissé entendre que des militants d’ultragauche pourraient être impliqués, sans qu’aucune conclusion définitive n’ait été rendue publique à ce stade.

"Un précédent historique extrêmement grave"


Pour
Thomas Guénolé
, la portée symbolique de la minute de silence dépasse le simple hommage individuel. Il estime que
l’Assemblée nationale aurait franchi une ligne rouge en honorant un militant présenté comme néo-fasciste et antisémite.

"La dernière fois qu’on a rendu solennellement hommage à quelqu’un ayant ce type d’engagement politique, c’était quand on rendait hommage à des nazis à l’Assemblée nationale, à l’époque de l’occupation de la France dans les années 40 par l’Allemagne nazie"
, déclare-t-il. Une comparaison qui vise à souligner, selon lui, la gravité du geste institutionnel.

Le politologue critique également l’ensemble des députés présents dans l’hémicycle au moment du recueillement.


"Tous les députés qui se sont levés ce jour-là pour observer une minute de silence à la mémoire d’un militant fasciste, antisémite et adepte des tabassages de rue se sont déshonorés"
, tranche-t-il.

Le rôle du Rassemblement National


Interrogé sur l’attitude du Rassemblement National,
Thomas Guénolé
estime que la position du parti serait cohérente avec son histoire.
"Que les députés du Rassemblement National se lèvent pour lui rendre un hommage, c’est cohérent puisque le Rassemblement national, je le rappelle, son bureau fondateur était composé d’anciens nazis, d’anciens collabos."

Il s’interroge en revanche sur l’attitude des autres groupes parlementaires.
"Mais tous les autres ? Comment est-ce possible de faire quelque chose d’aussi abject ?"
, lance-t-il.

Au-delà de l’affrontement partisan, Thomas Guénolé évoque également la mémoire de la Shoah et le
"passif"
historique de la France à l’égard des juifs. Il estime que cet hommage constituerait
"un crachat au visage non seulement de tous les juifs du pays, mais aussi de toutes les victimes de tabassages de rue"
, soulignant que ces violences toucheraient majoritairement, selon lui,
"beaucoup de Noirs et d’Arabes".

Une affaire qui ravive les tensions


La mort de
Quentin Deranque
intervient dans un contexte de tensions accrues entre militants d’extrême droite et pacifistes. Plusieurs responsables politiques ont évoqué une responsabilité supposée de l’extrême gauche dans les violences de rue, tout en appelant à la prudence tant que l’enquête judiciaire n’est pas achevée.

Cette affaire relance le débat sur la violence politique en France, la banalisation des affrontements idéologiques et la place des hommages institutionnels. La décision de l’Assemblée nationale pourrait continuer à alimenter les divisions, alors que les conclusions judiciaires sont toujours attendues.


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