IA en Inde: des avancées prometteuses mais encore loin des ambitions

12:2420/02/2026, Cuma
AFP
New Delhi met en avant ses modèles d’IA locaux, mais l’Inde reste loin de rivaliser avec ChatGPT ou DeepSeek.
Crédit Photo : X /
New Delhi met en avant ses modèles d’IA locaux, mais l’Inde reste loin de rivaliser avec ChatGPT ou DeepSeek.

Des start-up indiennes ont profité d’un sommet sur l’intelligence artificielle (IA) organisé à New Delhi pour présenter leurs premières réalisations, nourrissant l’ambition de faire de l’Inde une puissance incontournable du secteur.

Hôte de l’événement, le Premier ministre Narendra Modi a mis en avant trois modèles d’IA
"locaux"
qui, selon lui,
"démontrent la force du +Made in India+ et les qualités d’innovation de l’Inde"
.

Pourtant, selon plusieurs analystes, le pays est encore loin de son moment DeepSeek, cet agent conversationnel conçu en Chine qui a surpris le monde de la tech par sa puissance et son coût inférieur à celui de ChatGPT, développé par OpenAI.

Parmi les jeunes pousses remarquées figure Sarvam AI, qui a présenté deux outils conversationnels disponibles en 22 langues locales, dans un pays qui compte des centaines d’idiomes.


Basée à Bangalore, Gnani.ai a, de son côté, développé un agent conversationnel en une dizaine de langues locales, entraîné à partir de plus d’un million d’heures d’enregistrements audio. Le modèle reproduit des voix proches des voix naturelles afin de faciliter les interactions.

Financée sur fonds publics, l’initiative BharatGen, lancée par des chercheurs de l’université de Bombay, a également dévoilé des modèles multilingues.


Souveraineté technologique et marché intérieur


À l’image d’autres pays, l’Inde cherche à développer des IA dites
"souveraines"
, afin de réduire sa dépendance aux outils conçus aux États-Unis ou en Chine et de garantir le respect des législations locales, notamment en matière de protection des données.

Narendra Modi a assuré que ces premiers modèles indiens pourraient
"être déployés dans le monde entier"
. Mais pour Reema Bhattacharya, du cabinet Verisk Maplecroft, il est peu probable que l’Inde s’impose à court terme comme un nouveau centre mondial de l’innovation en IA.

"Il est plus réaliste de penser qu’elle deviendra le plus grand marché d’utilisation à grande échelle de l’IA, des infrastructures publiques aux applications bon marché"
, estime l’analyste.

Prihesh Ratnayake, du centre de réflexion Factum, considère également que les nouveaux modèles indiens
"n’ont pas vraiment vocation à devenir mondiaux"
.
"Ils restent très spécifiques à l’Inde. Pourquoi construire pour l’étranger quand elle constitue déjà le plus grand marché ?"
, souligne-t-il.

Selon Nanubala Gnana Sai, de l’Institut sur la sécurité de l’IA de l’Université de Cambridge, ces modèles locaux pourraient néanmoins corriger certains biais culturels. Les systèmes existants, y compris chinois,
"affichent des biais intrinsèques liés aux valeurs occidentales, à la culture et aux coutumes"
, explique-t-il.

L’Inde dispose toutefois d’atouts majeurs: une forte culture technologique, un vaste réservoir de jeunes talents et des coûts de développement relativement bas, favorisant l’émergence de start-up dédiées à l’IA.

"Les produits qu’elle concevra ne rivaliseront peut-être pas avec ChatGPT ou DeepSeek, mais ils permettront au Sud global de se faire une place dans un monde de plus en plus polarisé"
, conclut le chercheur.

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