L'Algérie expulse deux agents de la DGSI française entrés avec des passeports diplomatiques

La rédaction avec
10:5812/05/2025, lundi
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Le port d'Alger, le 5 septembre 2024.
Crédit Photo : AFP / Archive
Le port d'Alger, le 5 septembre 2024.

L’Algérie a expulsé deux agents de la DGSI française munis de passeports diplomatiques, les accusant de ne pas avoir respecté les procédures prévues par la Convention de Vienne. Cette décision s’inscrit dans un climat de tensions persistantes entre Alger et Paris, marqué par des expulsions réciproques de diplomates, la reconnaissance française de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, et plusieurs affaires sensibles, dont l’arrestation d’un écrivain franco-algérien et d’un cadre consulaire. Malgré une tentative d’apaisement fin mars entre Macron et Tebboune, une nouvelle crise consulaire relance les crispations.

L'Algérie a expulsé deux agents de la DGSI française (Direction générale de la Sécurité intérieure) qui tentaient d’entrer sur son territoire munis de passeports diplomatiques. L’information a été révélée par la chaîne publique AL24 News, qui précise que
"cette expulsion intervient pour des raisons liées au non-respect de la procédure".

"Les deux agents ont été interceptés vendredi dernier à l’aéroport international d’Alger"
, a déclaré le journaliste Fayçal Métaoui, récemment nommé chargé de mission à la présidence algérienne, lors d'une émission diffusée samedi sur la même chaîne.

Selon lui
, "l’Algérie, après avoir constaté que la partie française n’a pas respecté les procédures prévues, a considéré ces deux agents comme personae non gratae"
. Il a ajouté:
"Lorsqu’on entre dans un territoire avec un passeport diplomatique, il faut informer toutes les parties concernées, en respectant la Convention de Vienne et les accords consulaires en vigueur entre les deux pays".

Métaoui accuse directement le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, d’être à l’origine de cette
"manœuvre". "C’est une nouvelle initiative du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui a envoyé deux agents de la DGSI, dépendant de son ministère, sous couverture diplomatique"
, a-t-il affirmé.

Un contexte de tensions diplomatiques accrues


Cette affaire survient dans un contexte de tensions persistantes entre Alger et Paris. En 2024, l’Algérie avait déjà expulsé 12 agents de l’ambassade et des consulats français. La France avait répliqué en renvoyant également 12 diplomates algériens.


Les relations bilatérales se sont particulièrement détériorées à l'été 2024, après la reconnaissance par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. En réaction, Alger a rappelé son ambassadeur à Paris et le président Abdelmadjid Tebboune a annulé un déplacement prévu en septembre.


L’arrestation, en novembre 2024, de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal en Algérie, ainsi que l’expulsion de plusieurs migrants algériens, dont l’influenceur Doualemn, ont ravivé les tensions. Ces actions ont déclenché la colère de plusieurs membres du gouvernement français, notamment Bruno Retailleau et Jean-Noël Barrot, qui ont menacé de recourir à un
"rapport de force".

Les autorités françaises ont également décidé de restreindre l’accès au territoire français à certains responsables algériens, invoquant la nécessité de
"défendre les intérêts des Français".

Tentatives d’apaisement et nouvelle crise


Un début d’apaisement a été observé fin mars 2025, avec un appel téléphonique entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune à l’occasion de l’Aïd el-Fitr. Cette initiative a été suivie par une visite à Alger, le 6 avril, du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères. À cette occasion, les deux pays ont affirmé leur volonté de
"tourner la page"
et de bâtir
"une relation d’égal à égal".

Cependant, cet élan diplomatique a été rapidement contrarié par l’arrestation à Paris, début avril, d’un cadre consulaire algérien. Ce dernier serait impliqué dans une enquête sur une tentative présumée d’enlèvement de l’opposant algérien connu sous le pseudonyme "Amir DZ". Cette arrestation a suscité une vive réaction d’Alger, qui a exprimé sa protestation officielle auprès de l’ambassadeur de France.


L’Algérie considère que cette action
"torpille"
les progrès récemment accomplis entre les deux capitales.

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