Conférence de Munich: la défense européenne, les liens transatlantiques et l’Ukraine au cœur des trois jours de débats

La rédaction avec
22:0215/02/2026, dimanche
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La 62e Conférence sur la sécurité de Munich, qui s'est ouverte vendredi dans la ville allemande de Munich et qui a été marquée par des messages sur les relations transatlantiques, la guerre en Ukraine et le renforcement des capacités de défense de l'Europe, a pris fin.
Crédit Photo : IHA /
La 62e Conférence sur la sécurité de Munich, qui s'est ouverte vendredi dans la ville allemande de Munich et qui a été marquée par des messages sur les relations transatlantiques, la guerre en Ukraine et le renforcement des capacités de défense de l'Europe, a pris fin.

La Conférence de Munich sur la sécurité s’est achevée dimanche, au terme de trois jours d’intenses discussions de haut niveau centrées sur la guerre en Ukraine, l’évolution de l’architecture sécuritaire européenne et l’avenir des relations transatlantiques dans un ordre mondial en rapide mutation.

L’édition 2026 de ce rendez-vous annuel a réuni plus de 1 000 dirigeants, diplomates et experts en sécurité issus de plus de 115 pays, dont une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement.

La conférence s’est ouverte vendredi sur des mises en garde concernant l’érosion de l’ordre international fondé sur des règles.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que
"l’ancien monde a disparu",
estimant que les bouleversements géopolitiques rapides contraignent les nations à revoir leurs positions dans ce qu’il a qualifié de nouvelle ère. De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a averti que l’ordre international
"n’existe plus dans sa forme initiale",
citant la guerre menée par la Russie en Ukraine et l’intensification des rivalités entre grandes puissances.

Ukraine, OTAN et unité transatlantique

L’Ukraine a dominé l’agenda tout au long de la conférence. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré que la Russie subissait des
"pertes stupéfiantes"
dans la guerre, appelant les alliés à ne pas céder aux discours présentant Moscou comme un
"ours puissant".

Il a souligné que les pays européens augmentent leurs dépenses de défense et assument davantage de responsabilités au sein de l’Alliance.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a, à plusieurs reprises, insisté sur l’importance de l’unité, la qualifiant de
"meilleur intercepteur"
face à la Russie. En marge de la conférence, il a rencontré des responsables de l’OTAN et des émissaires américains pour discuter du financement de la défense aérienne et des efforts diplomatiques visant à mettre fin à la guerre, tout en réaffirmant que Kiev ne transigera pas sur son intégrité territoriale.

Les dirigeants européens ont, pour leur part, mis en avant la nécessité d’une coordination accrue en matière de défense. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réitéré les projets visant à augmenter les dépenses militaires, affirmant qu’une Europe plus forte viendrait renforcer l’OTAN.

Dans le même temps, le Premier ministre britannique Keir Starmer a appelé à consolider le pilier européen de l’Alliance, tout en préservant les liens transatlantiques. Il a également estimé que l’Europe devait réduire certaines dépendances stratégiques et œuvrer à la construction d’une
"OTAN plus européenne".

Friedrich Merz a par ailleurs souligné que l’Union européenne devait nouer des partenariats avec des pays comme la Türkiye, l’Inde et le Brésil afin de relever les défis mondiaux.

Les débats ont également porté sur le réarmement nucléaire. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a mis en garde contre une expansion des arsenaux, qu’il a qualifiée
"d’erreur historique",
plaidant plutôt pour un renforcement des efforts de contrôle des armements.

Si des responsables américains ont rassuré leurs alliés européens quant à l’engagement de Washington envers l’OTAN, plusieurs dirigeants européens ont averti que des approches unilatérales risqueraient d’affaiblir l’unité de l’Alliance.

La Chine et les États-Unis ont également tenu des contacts de haut niveau en marge de la conférence. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a rencontré Marco Rubio alors que les deux parties tentent de gérer les tensions liées à l’Ukraine et à la compétition mondiale plus large. Wang Yi a estimé que l’Europe devait être
"à la table"
de toute future négociation de paix sur l’Ukraine et a indiqué que Pékin était disposé à fournir une aide humanitaire supplémentaire à Kiev.
Volodymyr Zelensky a aussi rencontré des émissaires du président américain Donald Trump en amont de discussions trilatérales attendues à Genève. Il a dit espérer des réunions
"véritablement productives",
tout en réaffirmant que tout règlement devra garantir la souveraineté de l’Ukraine.

Moyen-Orient, défis mondiaux et avenir de l’Europe

Au-delà de l’Ukraine, le Moyen-Orient a occupé une place centrale dans les échanges. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan, a appelé à un arrêt immédiat des violences à Gaza et à des avancées vers la reconnaissance d’un État palestinien, soulignant que la stabilité passe par des mesures concrètes en faveur d’une solution à deux États.

La ministre palestinienne des Affaires étrangères, Varsen Aghabekian Shaheen, a exhorté des pays européens comme l’Allemagne et la Finlande à reconnaître l’État de Palestine.

Les discussions ont également abordé la souveraineté de la Syrie, les efforts de reconstruction ainsi que les mécanismes de reddition de comptes, après des années de conflit.

Le programme nucléaire iranien est revenu au premier plan. Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi, a estimé qu’un nouvel accord d’inspections avec Téhéran était
"techniquement possible",
mais politiquement difficile.

La sécurité climatique et la résilience économique ont aussi été au centre des débats. Plusieurs dirigeants ont averti que l’inaction face au changement climatique représente des risques économiques et sécuritaires croissants.

Enfin, lors de la dernière journée, l’attention s’est portée sur le positionnement stratégique de l’Europe à long terme. La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a rejeté l’idée d’un déclin européen, affirmant que le continent doit renforcer ses capacités de défense et son rôle mondial dans un environnement de plus en plus compétitif.

Du côté de la Türkiye, le ministre des Finances Mehmet Simsek, le chef de l’Organisation nationale du renseignement Ibrahim Kalin, le président de la commission de la Défense nationale du Parlement Hulusi Akar ainsi que le conseiller principal du président pour la politique étrangère et la sécurité Akif Cagatay Kilic ont pris part à la conférence et tenu des réunions bilatérales en marge des travaux.

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