Clonage de voix: une société d'IA visée par des doubleurs français a retiré ses contenus litigieux

La rédaction avec
16:206/02/2026, vendredi
AFP
Le logo de l'IA générative VoiceDub, qui a retiré ses voix clônées en France.
Crédit Photo : X / X
Le logo de l'IA générative VoiceDub, qui a retiré ses voix clônées en France.

Accusée d’avoir cloné sans autorisation la voix de doubleurs français, la plateforme américaine d’IA VoiceDub a retiré plusieurs contenus après des mises en demeure. Huit comédiens de renom dénoncent des usages illicites et réclament des garanties pour empêcher de nouveaux abus. Si VoiceDub a supprimé une partie des voix incriminées, Fish Audio continue de les diffuser. Cette affaire inédite en France illustre les craintes croissantes du secteur du doublage face à l’essor de l’intelligence artificielle générative.

VoiceDub retire des voix clonées après des mises en demeure


La plateforme américaine d’intelligence artificielle
VoiceDub
, accusée d’avoir cloné la voix de huit doubleurs français sans leur consentement, a retiré les contenus litigieux.

L’information a été confirmée vendredi par l’avocat des requérants, Jonathan Elkaim, après l’envoi de mises en demeure.


Ces huit comédiens dénoncent
"des actes parasitaires"
. Ils ont sommé VoiceDub et la plateforme Fish Audio de supprimer tous les
"modèles de clonage exploitant (leur) voix"
sous huit jours.

Les mises en demeure sont datées du 30 janvier.


Selon Me Elkaim, l’ensemble des contenus visés n’étaient plus disponibles vendredi matin sur
VoiceDub
, qui les hébergeait jusqu’alors.

Ils restent toutefois accessibles sur
Fish Audio
, plateforme également visée par la procédure.

"Nous nous réjouissons que les droits de mes clients soient enfin respectés, mais l’ensemble de nos demandes n’ont pas encore été suivies d’effets"
, a déclaré l’avocat.

Il précise qu’une
"dizaine"
de voix et d’interprétations
"illicites"
ont été supprimées par
VoiceDub
.

Les doubleurs réclament des garanties face à l’IA


Engagés dans une démarche inédite en France, ces huit figures majeures du doublage souhaitent des garanties pour l’avenir.


Ils exigent que les plateformes d’IA jouent un rôle de
"filtre"
en refusant d’héberger des voix clonées sans autorisation ni rémunération.

Parmi les plaignants figurent Richard Darbois, voix française de Harrison Ford, Françoise Cadol, associée à Angelina Jolie, et Christophe Lemoine, connu pour le personnage de Cartman dans
"South Park".

Ils réclament également 20.000 euros de dommages et intérêts.

Moyennant paiement, ces plateformes permettent aux utilisateurs de faire lire un texte par une voix issue d’un vaste catalogue.


En français, on y trouve aussi des voix attribuées à Emmanuel Macron ou à Kylian Mbappé.

Cette offensive judiciaire illustre les inquiétudes persistantes des comédiens de doublage face à l’essor de l’intelligence artificielle générative.


En France, la filière du doublage s’est récemment mobilisée et a lancé le collectif
"Touche pas à ma VF"
, réclamant un
"doublage créé par des humains pour des humains".

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