L’espace, nouvelle frontière des centres de données IA

11:574/02/2026, mercredi
AFP
Face à l’explosion des besoins énergétiques de l’IA, des géants de la tech envisagent d’installer des centres de données en orbite pour capter l’énergie solaire.
Crédit Photo : X /
Face à l’explosion des besoins énergétiques de l’IA, des géants de la tech envisagent d’installer des centres de données en orbite pour capter l’énergie solaire.

Des géants de la tech avancent sérieusement l’idée d’envoyer dans l’espace les centres de données imposants et énergivores qu’ils peinent à construire sur Terre, faisant le pari que leur mise en orbite permettra de mieux capter l’énergie solaire et d’alimenter la course effrénée à l’intelligence artificielle (IA).

Avec la décision d’Elon Musk d’absorber xAI, sa société d’IA, au sein de son entreprise aérospatiale SpaceX, une question se pose: ces centres de données en orbite sont-ils une perspective viable ou une folie ?


Quels sont les acteurs déclarés ?


Plus d’une dizaine de start-up, de leaders de l’aérospatial et de grands groupes technologiques sont activement impliqués dans les tests et la planification de ces infrastructures.

Fort des progrès de SpaceX sur le marché des lancements de fusées, son patron Elon Musk avait déjà évoqué en novembre la possibilité de s’en servir pour lancer des centres de données dans l’espace.


Tesla, le constructeur automobile également dirigé par le milliardaire, réoriente de son côté une partie de son activité vers les robots humanoïdes, qui pourraient, dans la vision futuriste d’Elon Musk, constituer les équipes de maintenance en orbite de ces centres.

Fin 2025, la start-up américaine Starcloud a mis sur orbite un satellite de la taille d’un réfrigérateur contenant des processeurs graphiques (GPU) du leader mondial des puces pour l’IA, Nvidia, qui a salué les
"débuts cosmiques"
de ce mini-centre de données.

Parallèlement, Google a présenté à l’automne son projet de lancer des satellites tests d’ici début 2027 dans le cadre de Suncatcher, une initiative visant à créer des centres de données spatiaux alimentés par l’énergie solaire.

Blue Origin, la société spatiale fondée par le patron d’Amazon Jeff Bezos, promeut de son côté TeraWave, un réseau haut débit installé dans l’espace permettant aux centres de données terrestres de communiquer sans câble à l’échelle mondiale.


Pourquoi regarder dans le ciel ?


L’atout majeur de l’espace réside dans l’alimentation électrique, avec la possibilité de placer les satellites sur un plan orbital restant en permanence exposé à la lumière du soleil, sans jamais passer dans l’ombre de la Terre, et de se passer de climatisation.

Construire dans l’espace permet aussi d’éviter l’acquisition de terrains et de s’affranchir des réglementations locales ou de l’opposition des riverains, de plus en plus marquée aux États-Unis, où la consommation massive des entrepôts de serveurs est accusée de faire grimper les factures d’électricité.


Les partisans de ces projets font également valoir que les centres de données spatiaux seraient moins nocifs pour l’environnement, une fois amortie la pollution liée aux lancements.

Les projets actuels reposent sur des constellations de satellites en orbite basse (LEO), suffisamment proches les uns des autres pour garantir une connexion sans fil fiable. Des lasers assureraient ensuite la liaison avec les systèmes informatiques terrestres.


Quels obstacles ?


Jusqu’ici, le coût du transport constituait le principal frein. Mais Starship, la méga-fusée réutilisable de SpaceX à la capacité d’emport massive, promet de réduire fortement la facture.

Néanmoins,
"si vous avez vu une baie de serveurs récemment, c’est lourd !"
, a tempéré Matt Garman, le patron du leader mondial du cloud, AWS.

"Je sais qu’Elon dit qu’il va envoyer un million de satellites ou quoi que ce soit, mais il n’y a pas assez de fusées pour cela. Nous en sommes encore loin"
, a-t-il commenté mardi lors de l’événement Cisco AI.

"Il faudra probablement des améliorations importantes en matière d’efficacité et de coûts"
, a-t-il ajouté.

D’autres obstacles techniques subsistent, notamment la résistance aux radiations et aux températures extrêmes, le risque de collision avec des débris spatiaux, ainsi que le coût des réparations, qu’elles soient assurées par des humains ou des robots.

"Si l’IA ne croît pas de manière exponentielle, alors l’espace n’aura pas de sens avant longtemps. Mais je pense qu’elle va croître de façon exponentielle"
, a estimé sur X Philip Metzger, professeur de physique à l’université de Floride et ancien scientifique de la NASA.

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