
Ali Shamkhani, conseiller politique de haut rang du guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré mardi qu’il n’existe "aucune raison" de transférer l’uranium enrichi hors d’Iran, alors que Téhéran s’apprête à reprendre des négociations nucléaires avec Washington vendredi à Istanbul.
L’un des principaux points de blocage concerne le stock iranien d’environ 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les responsables américains estiment que ce matériau devrait être retiré du territoire iranien.
Ali Shamkhani a affirmé que l’Iran est en mesure de ramener le taux d’enrichissement à 20 %, ce qui, selon lui, rend inutile tout transfert à l’étranger. Il a toutefois souligné qu’une telle démarche devrait s’accompagner de concessions réciproques et de compensations.
Lundi, Ali Bagheri-Kani, vice-président du principal organe de sécurité iranien, a également rejeté les informations faisant état d’un transfert de l’uranium enrichi hors du pays. Il a estimé qu’un accord avec les États-Unis restait possible par le biais du dialogue et de la négociation, à condition de mettre fin à ce qu’il a qualifié de "climat de menaces".
Membre influent du Conseil national de défense récemment créé à la suite de la guerre de douze jours avec Israël, Shamkhani a rappelé que la production ou la possession d’armes nucléaires est interdite par la doctrine de défense iranienne.
Il a indiqué que lors des précédents cycles de discussions, interrompus après le conflit de juin dernier, l’Iran avait clairement affirmé qu’il ne cherchait ni à acquérir ni à produire des armes nucléaires, reprenant ainsi la position exprimée par d’autres hauts responsables iraniens.
Il a néanmoins affirmé que l’Iran se trouve actuellement dans ce qu’il a décrit comme "un véritable état de guerre" et qu’il est pleinement préparé à tous les scénarios, tout en précisant que cette préparation militaire ne signifie ni l’acceptation d’un conflit ni la volonté de le provoquer.
Discussions pragmatiques
Ali Shamkhani a indiqué que des propositions avaient été transmises à Téhéran. Si celles-ci sont exemptes de menaces et d’arrogance et reposent sur des conditions raisonnables, il a estimé qu’il serait encore possible d’éviter une catastrophe. Il a ajouté que les négociations en sont encore à un stade préliminaire, mais qu’une confrontation militaire peut toujours être évitée.
Évoquant les discussions prévues avec les États-Unis, Shamkhani a précisé que l’Iran se dit prêt à engager des pourparlers concrets exclusivement avec Washington, excluant toute autre partie. Il a par ailleurs jugé que l’Europe avait démontré son "incapacité à agir efficacement".
Le conseiller iranien a également indiqué que plusieurs pays de la région avaient assuré qu’ils n’autoriseraient pas l’utilisation de leur territoire pour lancer des attaques contre l’Iran, ajoutant que Téhéran dispose de renseignements sur les lieux d’où ont émané les menaces contre le pays en juin dernier.
Enfin, Shamkhani a averti qu’Israël et les États-Unis ne devaient pas être considérés comme des acteurs distincts. Selon lui, toute attaque américaine impliquerait également Israël et entraînerait une riposte iranienne "proportionnée". Il a mis en garde contre le fait que toute agression contre l’Iran, même limitée, pourrait dégénérer en une crise régionale majeure.
Ces déclarations interviennent alors que le président américain Donald Trump a menacé de recourir à l’option militaire face à l’Iran, dans un contexte de tensions accrues après les manifestations antigouvernementales survenues dans le pays fin décembre. Les responsables iraniens ont averti que toute attaque américaine susciterait une réponse "rapide et globale".










