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Une femme iranienne voilée tient un portrait du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et agite un drapeau national, au sud de Téhéran, en Iran, le 1er février 2026.
L’Iran a annoncé lundi avoir convoqué, ces derniers jours, l’ensemble des ambassadeurs de l’Union européenne à la suite de la décision visant le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), précisant qu’il envisageait des "mesures de rétorsion".
Lors d’une conférence de presse hebdomadaire à Téhéran, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a qualifié la réaction iranienne de
, dénonçant la désignation du CGRI comme une décision
"illégale, injustifiée et erronée"
.
Il a indiqué qu’un
figurait actuellement à l’ordre du jour du ministère, ajoutant que plusieurs options avaient été préparées et transmises aux instances décisionnelles après la classification du CGRI par l’UE.
Les relations entre l’Iran et les pays européens se sont fortement dégradées dans un contexte de manifestations récentes en Iran, alors que des dirigeants européens ont dénoncé ce qu’ils qualifient de
"répression des protestataires"
.
Jeudi, l’Union européenne a inscrit le CGRI sur sa liste des organisations terroristes, provoquant de vives réactions au sein des autorités civiles et militaires iraniennes.
Dimanche, le Parlement iranien a annoncé que Téhéran considère désormais les armées des pays de l’UE comme des
"organisations terroristes"
, une décision approuvée par le plus haut organe de sécurité du pays et présentée comme une mesure de réciprocité.
Baghaei a rappelé que l’UE avait été avertie que cette décision constituait non seulement
"une insulte au peuple iranien"
, mais aussi
"une grave erreur stratégique"
. Il a accusé l’Union d’ignorer le fait que les forces qu’elle qualifie de terroristes sont, selon lui, celles qui assurent la sécurité et la stabilité dans la région du Golfe persique.
Il a également rejeté l’idée que cette initiative européenne puisse viser à satisfaire les États-Unis ou Israël, estimant que l’enthousiasme affiché par Israël, premier à féliciter l’Allemagne et son ministre des Affaires étrangères pour cette décision, révélait les véritables instigateurs de cette démarche.
Interrogé sur de récentes déclarations du ministre français des Affaires étrangères à propos de l’Iran, Baghaei a affirmé qu’elles reflétaient "une vieille habitude" de la France à jouer, selon lui, un rôle "nuisible" dans les processus diplomatiques. Il a estimé que Paris ne disposait d’"aucune légitimité juridique ou morale" pour intervenir ou commenter ces dossiers et l’a accusée d’avoir contribué à l’adoption de la résolution européenne jugée illégale.
Concernant un avertissement émis par le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) au sujet d’exercices militaires iraniens dans le Golfe persique et du risque d’affrontements entre le CGRI et les forces américaines, Baghaei a précisé que ces manœuvres se déroulent
"régulièrement chaque année"
.
Il a assuré que les exercices de cette année seraient menés de manière "professionnelle", dans le but de renforcer les capacités défensives du pays.
Les tensions se sont accrues dans un contexte de renforcement militaire américain dans le Golfe persique et de nouvelles menaces du président américain Donald Trump, qui a évoqué une action militaire si l’Iran ne renonçait pas à ses ambitions nucléaires.
Toutefois, à la suite d’efforts de médiation menés par plusieurs pays de la région, notamment la Türkiye, Téhéran et Washington ont reconnu que des discussions indirectes sont actuellement en cours afin d’apaiser les tensions.