Australie: Snapchat a bloqué 415.000 utilisateurs de moins de 16 ans en deux mois

14:092/02/2026, lundi
AFP
En deux mois, Snapchat a désactivé 415.000 comptes en Australie après l’entrée en vigueur d’une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
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En deux mois, Snapchat a désactivé 415.000 comptes en Australie après l’entrée en vigueur d’une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.

Snapchat a annoncé lundi avoir bloqué ou désactivé, en l’espace de deux mois, 415.000 comptes d’utilisateurs âgés de moins de 16 ans en Australie, depuis l’entrée en vigueur d’une loi, présentée comme pionnière, interdisant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.

"Nous continuons de verrouiller des comptes quotidiennement"
, a indiqué Snapchat dans un communiqué. Le réseau social a toutefois souligné les limites des dispositifs de contrôle, expliquant que les outils d’estimation de l’âge des utilisateurs comportent une marge d’erreur de deux à trois ans.

"Dans la pratique, cela signifie que des moins de 16 ans peuvent contourner les protections, ce qui les laisse potentiellement avec moins de garde-fous, tandis que certains jeunes de plus de 16 ans perdent injustement leur accès"
, a précisé l’entreprise.

Snapchat a suggéré aux autorités australiennes d’imposer aux catalogues d’applications la vérification de l’âge des utilisateurs avant le téléchargement des applications, rejoignant ainsi une proposition formulée par le PDG de Meta, Mark Zuckerberg.

L’entreprise a également renouvelé ses critiques à l’encontre de la loi australienne, largement contestée par les acteurs du secteur. Snapchat rappelle être
"avant tout une messagerie utilisée par les jeunes pour rester connectés à leurs amis proches et à leur famille"
.

"Nous ne pensons pas que couper les adolescents de ces relations les mette plus en sécurité, les rende plus heureux ou améliore leur situation de quelque manière que ce soit"
, a-t-elle fait valoir.

Plusieurs plateformes, dont Snapchat, TikTok, YouTube ainsi que les applications de Meta (Facebook et Instagram), sont tenues d’appliquer cette interdiction en Australie et s’exposent à des amendes si elles ne prennent pas des mesures jugées raisonnables pour se conformer à la loi.

Le mois dernier, la commissaire australienne à la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, a déclaré que les premiers retours sur l’application de l’interdiction étaient encourageants.


"Bien que certains enfants puissent trouver des moyens ingénieux de rester sur les réseaux sociaux, il est important de se rappeler que, comme pour d’autres lois liées à la sécurité, le succès doit être mesuré à l’aune de la réduction des risques et du changement d’état d’esprit dans notre société"
, a-t-elle affirmé.

À l’approche de l’entrée en vigueur de la loi, les téléchargements de plateformes moins connues telles que BlueSky et Lemon8 ont fortement augmenté. Ces deux réseaux ont toutefois reconnu être eux aussi soumis à la législation et coopérer avec le régulateur australien, selon Julie Inman Grant.

La loi australienne a eu un écho international. L’Inde étudie un projet similaire et, en France, l’Assemblée nationale a voté la semaine dernière une interdiction comparable pour les moins de 15 ans, avec l’objectif d’une application complète au 1er janvier 2027.


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