
La province pakistanaise du Baloutchistan était en état d'alerte dimanche, après deux jours d'attaques coordonnées extrêmement meurtrières dans lesquelles au moins 193 personnes ont été tuées, dont 145 militants séparatistes.
Islamabad est confronté depuis des décennies à une insurrection séparatiste au Baloutchistan, marquée par des attaques fréquentes contre les forces de sécurité, les ressortissants étrangers et les Pakistanais non originaires de cette province riche en minerais, frontalière de l'Afghanistan et de l'Iran.
Le dernier bilan annoncé dimanche inclut une quarantaine de séparatistes que les forces de sécurité ont affirmé avoir tués vendredi.
Les connexions de téléphonie mobile étaient brouillées dimanche dans l'ensemble de cette province du sud-ouest du Pakistan et les services ferroviaires suspendus. La circulation routière était perturbée et des véhicules endommagés par des tirs ainsi que des fragments de métal étaient visibles dans les rues.
Dans la capitale provinciale, Quetta, les quartiers où certaines attaques ont eu lieu, ainsi que la zone abritant des bâtiments gouvernementaux, étaient bouclés, avec une forte présence de policiers et de troupes paramilitaires.
La ville était inhabituellement calme. La plupart des artères et des commerces étaient désertés, les habitants craignant de sortir de chez eux.
Attaque "en plein jour"
Des funérailles ont été organisées dans la nuit à Quetta, en présence du ministre de l'Intérieur, Mohsin Naqvi.
L'Armée de libération du Baloutchistan (BLA), le groupe séparatiste militant le plus actif, a revendiqué les attaques dans un communiqué adressé à la presse.
Désigné comme organisation terroriste par les États-Unis, le groupe a indiqué avoir visé des installations militaires ainsi que des responsables de la police et de l'administration civile lors de fusillades et d'attentats-suicides.
Il a précisé que des axes routiers majeurs avaient été bloqués afin de perturber les opérations militaires. Selon des communiqués et des vidéos publiés par la BLA, plusieurs femmes ont pris part aux attaques.









