
La politique migratoire menée sous l’influence quasi exclusive de Stephen Miller, conseiller politique de Donald Trump et secrétaire général adjoint de la Maison-Blanche, traite les migrants latino-américains présents aux États-Unis, par des voies légales ou non, comme s’ils étaient de dangereux criminels.
Ces pratiques semblent avoir dégénéré en une opération de "déportation de masse" fondée sur le profilage racial, menée par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), rattachée au Département de la Sécurité intérieure. Près d’un cinquième des personnes arrêtées par l’ICE sont des Latino-Américains ne disposant ni de casier judiciaire ni d’ordre d’expulsion. Les individus sont ciblés de manière arbitraire en fonction de leur lieu de travail, de leur apparence, de la langue qu’ils parlent ou de leur accent. Ils sont interpellés par des agents fédéraux en civil, masqués et armés, les yeux bandés, menottés, entravés aux mains, à la taille et aux pieds. Les images montrant même de très jeunes enfants interpellés étaient véritablement glaçantes.
Dans l’État du Minnesota, à Minneapolis, une personne a été tuée par balle lors d’une altercation entre des agents des douanes et de la protection des frontières et des Américains opposés aux arrestations. Bien que les personnes interpellées soient d’origine latino, la victime décédée lors de ces récents événements, Alex Pretti, était un "Américain blanc". Il travaillait comme infirmier en soins intensifs dans un hôpital servant les soldats de l’armée américaine. Dans la même ville, auparavant, Renee Nicole Good, une Américaine blanche mère de trois enfants, avait également été abattue par des agents fédéraux alors qu’elle se trouvait dans son véhicule.
Les politiques migratoires de l’administration Trump constituent un facteur majeur de la baisse de son taux d’approbation. Selon un sondage du Pew Research Center publié jeudi dernier, plus des deux tiers des Américains désapprouvent la manière dont Trump exerce ses fonctions. Son taux d’approbation est tombé à 37 %, contre 41 % à l’automne dernier.
Les électeurs latinos constituaient pourtant un pilier clé de la coalition qui a ramené Trump à la Maison-Blanche. Les analyses suggèrent que le ciblage, par les méthodes de profilage de l’ICE, de citoyens américains d’origine latino et de migrants en situation régulière pourrait entraîner une perte de ce soutien. Dans le même temps, une grande partie des Républicains soutient la politique migratoire de Trump. Le président semble ainsi coincé entre les électeurs latinos et les Américains blancs. D’autant plus que des élections de mi-mandat auront lieu en novembre, et que Trump ne souhaite pas voir les Républicains perdre le contrôle du Congrès.
La sénatrice de Floride Ileana Garcia avertissait déjà, dans une déclaration publiée le 27 janvier dans le New York Times, que les Républicains risquaient de perdre les élections de mi-mandat à cause de Stephen Miller. Selon elle, la ligne dure de Miller dans l’application des lois sur l’immigration éloigne les Latinos. Fondatrice du groupe "Latinos for Trump", Garcia avait été directrice de la communication chargée des électeurs latinos lors de la campagne de Trump en 2016.
Stephen Miller, issu d’une famille juive ayant fui la Biélorussie au début du XXᵉ siècle pour s’installer aux États-Unis et y reconstruire une nouvelle vie, est l’architecte des politiques migratoires de Trump, y compris durant son premier mandat. En ouvrant la voie aux agissements débridés de l’ICE, Miller est accusé par ses propres proches de ternir l’histoire de l’immigration juive vers les États-Unis.
Les Démocrates réclament la destitution de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem. Celle-ci affirme toutefois qu’elle ne fait qu’exécuter les instructions du président Trump et de Stephen Miller. Un autre élément notable est le fait que sept députés démocrates de la Chambre des représentants aient rejoint les Républicains début janvier pour faire adopter un paquet de financement de 64 milliards de dollars pour le Département de la Sécurité intérieure et de 10 milliards de dollars pour l’ICE. Il est frappant de constater que ces sept élus sont des figures farouchement pro-israéliennes ayant reçu d’importants dons de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC).
Par ailleurs, les pratiques choquantes visant les migrants sont également critiquées par les Églises traditionnelles de différentes confessions aux États-Unis. La seule exception concerne les "chrétiens sionistes évangéliques blancs". Ces derniers soutiennent sans réserve ce qu’ils considèrent comme l’action d’Israël à Gaza et en Cisjordanie contre les Palestiniens. Plus surprenant encore, l’un des pasteurs évangéliques du Minnesota était également le directeur du bureau local chargé de superviser les opérations de l’ICE dans la ville de Saint Paul.
Enfin, il convient de souligner qu’Israël est profondément préoccupé par l’évolution de la structure démographique et sociologique tant aux États-Unis qu’en Europe. Les sionistes, conscients que ces transformations influenceront la vie politique, soutiennent des politiques migratoires répressives en Europe comme aux États-Unis.
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