Désignation des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste: l’Iran accuse l’UE "d’attiser les flammes"

La rédaction avec
15:4530/01/2026, vendredi
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Un partisan du Conseil national de la résistance iranienne brandit des drapeaux iraniens datant d'avant la révolution islamique de 1979 lors d'une manifestation en soutien au peuple iranien devant la Commission européenne à Bruxelles, le 29 janvier 2026.
Crédit Photo : Nicolas TUCAT / AFP
Un partisan du Conseil national de la résistance iranienne brandit des drapeaux iraniens datant d'avant la révolution islamique de 1979 lors d'une manifestation en soutien au peuple iranien devant la Commission européenne à Bruxelles, le 29 janvier 2026.

L’Iran a accusé jeudi l’Union européenne d’"attiser les tensions" au Moyen-Orient, après que les ministres des Affaires étrangères du bloc se sont accordés pour inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste des organisations terroristes.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que plusieurs pays s’efforçaient actuellement d’éviter une guerre régionale généralisée, tout en soulignant qu’aucun d’entre eux n’était européen.

"L’Europe, en revanche, attise les flammes"
, a-t-il écrit sur le réseau social X, accusant l’UE de s’aligner sur Washington et de commettre une
"grave erreur stratégique"
en ciblant ce qu’il a qualifié de force militaire nationale iranienne.
Selon Abbas Araghchi, cette décision illustre une
"hypocrisie flagrante"
: il reproche aux gouvernements européens de n’avoir pris aucune mesure face à ce qu’il décrit comme la guerre "génocidaire" menée par Israël à Gaza, tout en se présentant comme des défenseurs des droits humains en Iran.
Le chef de la diplomatie iranienne a également averti que l’Europe serait directement touchée par un élargissement du conflit régional, évoquant une hausse des prix de l’énergie et des répercussions économiques plus larges.
"La posture actuelle de l’UE porte gravement atteinte à ses propres intérêts"
, a-t-il déclaré, estimant que les Européens
"méritent mieux que ce que leurs gouvernements ont à leur offrir".

Ces déclarations interviennent après l’annonce par la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, d’un accord politique entre les États membres de l’UE pour classer le CGRI comme organisation terroriste.

"La répression ne peut rester sans réponse"
, a-t-elle écrit sur X, affirmant que les ministres européens avaient franchi "une étape décisive" face à ce qu’elle a décrit comme "un régime qui tue son propre peuple".

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également salué une décision "attendue de longue date", estimant que le qualificatif de "terroriste" était approprié pour un régime qui réprime les manifestations "dans le sang".

Cette escalade verbale s’inscrit dans un contexte de fortes tensions entre Téhéran et Washington ces dernières semaines, après des déclarations du président américain Donald Trump affirmant qu’une "armada massive" se dirigeait vers l’Iran, tout en appelant les autorités iraniennes à "revenir à la table" des négociations.

Des responsables iraniens ont averti que toute attaque américaine entraînerait une réponse "rapide et globale", tout en réaffirmant que l’Iran restait ouvert au dialogue, mais uniquement dans des conditions jugées "justes, équilibrées et non coercitives".


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