TotalEnergies relance son méga-projet gazier au Mozambique

18:0929/01/2026, Perşembe
AFP
Suspendu depuis 2021 après une attaque terroriste meurtrière, le projet Mozambique LNG de 20 milliards de dollars doit entrer en production en 2029.
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Suspendu depuis 2021 après une attaque terroriste meurtrière, le projet Mozambique LNG de 20 milliards de dollars doit entrer en production en 2029.

Le géant français de l’énergie TotalEnergies a officiellement annoncé jeudi la reprise de son vaste projet gazier controversé au Mozambique, après cinq années d’interruption consécutives à une attaque terroriste meurtrière.

Ce projet de 20 milliards de dollars, situé dans la province septentrionale du Cabo Delgado, à la frontière avec la Tanzanie, avait été suspendu après une attaque terroriste sanglante survenue en mars 2021, qui aurait fait environ 800 morts, selon l’ONG Acled.

"Je suis ravi d’annoncer la reprise complète du projet Mozambique LNG (...) La force majeure est levée"
, a déclaré le président-directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, lors d’une cérémonie organisée à Afungi en présence du président mozambicain Daniel Chapo.

TotalEnergies avait déjà annoncé fin octobre la décision du consortium Mozambique LNG de lever la force majeure décrétée en avril 2021. La reprise du projet restait toutefois conditionnée à l’approbation par le gouvernement de Maputo d’une compensation de 4,5 milliards de dollars liée aux surcoûts engendrés par les retards, ainsi qu’à une extension de la concession de dix ans, en plus du rattrapage des quatre années et demie perdues.

Plus de 4.000 travailleurs sont actuellement présents sur le site, dont 80% sont des ressortissants mozambicains, a précisé Patrick Pouyanné. TotalEnergies détient une participation de 26,5% dans Mozambique LNG et en assure l’exploitation.


Ce projet, qui doit entrer en production en 2029,
"fera de la région une nouvelle source de sécurité énergétique mondiale"
, a affirmé le dirigeant du groupe.

"C’est un jour de célébration pour le Mozambique, pour l’Afrique et pour le monde"
, a déclaré de son côté le président Daniel Chapo, estimant que le pays avait été
"capable de surmonter les défis et de restaurer la confiance des investisseurs nationaux et étrangers"
.

L’insurrection persiste


En 2020, le consortium Mozambique LNG avait conclu un accord de financement de 15,4 milliards de dollars impliquant une trentaine de prêteurs. Mais début décembre 2025, le projet a perdu le soutien financier des gouvernements britannique et néerlandais via leurs agences de crédit à l’exportation, UKEF et Atradius. Londres avait notamment évoqué des
"risques"
et promis un appui financier pouvant atteindre 1,15 milliard de dollars.

TotalEnergies a ensuite indiqué que les partenaires du projet avaient décidé
"à l’unanimité d’apporter des fonds propres supplémentaires pour remplacer les contributions de UKEF et d’Atradius, représentant au total environ 10% du financement externe"
.

Présenté comme le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique, le projet devrait créer des milliers d’emplois et contribuer à faire du Mozambique, doté d’immenses réserves gazières offshore au large du Cabo Delgado, l’un des principaux exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, notamment vers les marchés asiatiques et européens.


Les organisations environnementales dénoncent toutefois une
"bombe climatique"
, estimant que le projet accroîtra les émissions de gaz à effet de serre tout en profitant peu à la population locale. Selon la Banque mondiale, plus de 80% des Mozambicains vivaient sous le seuil de pauvreté de 3 dollars par jour en 2022.

L’annonce du redémarrage intervient alors que TotalEnergies fait l’objet de deux procédures judiciaires en France. Une enquête pour homicide involontaire est notamment en cours à la suite de plaintes déposées par des survivants et des familles de victimes de l’attaque de mars 2021 contre la ville de Palma, voisine du site, qui reprochent au groupe de ne pas avoir assuré la sécurité de ses sous-traitants.


L’entreprise est également visée par une plainte pour
"complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées"
, déposée par l’ONG allemande European Center for Constitutional and Human Rights auprès du parquet national antiterroriste. Cette plainte fait suite à des témoignages relayés par le média Politico accusant des soldats mozambicains chargés de la sécurité du site d’avoir détenu, torturé et tué des civils entre juillet et septembre 2021. TotalEnergies rejette l’ensemble de ces accusations.

Si le nord du Mozambique n’a pas connu d’attaque d’une ampleur comparable à celle de 2021, des violences régulières visant civils et forces de sécurité sont toujours attribuées à des insurgés terroristes. Depuis 2017, l’insurrection dans la région aurait fait plus de 6.200 morts, selon l’ONG Acled.


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