
Gabriel Attal assure que la vérification de l’âge prévue par une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans n’impliquera aucun accès aux données personnelles. Selon lui, le contrôle serait confié à un tiers de confiance indépendant. Malgré ces garanties, de nombreux experts doutent de la faisabilité technique du dispositif et alertent sur les risques de contournement par les mineurs, ainsi que sur les dangers potentiels pour la vie privée liés à la centralisation des données.
Le chef des députés Ensemble pour la République, Gabriel Attal, a assuré que la future vérification de l’âge sur les réseaux sociaux ne permettrait l’accès à aucune donnée personnelle. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une proposition de loi visant à interdire l’accès aux plateformes numériques aux mineurs de moins de 15 ans.
Lors d’une prise de parole publique, Gabriel Attal a tenu à répondre aux inquiétudes liées à la protection de la vie privée. Il a affirmé que ni l’État ni les plateformes concernées ne pourraient consulter les données des utilisateurs.
Cette déclaration intervient alors que le texte suscite de nombreuses critiques, tant sur le plan technique que juridique.
Une vérification de l’âge confiée à un tiers de confiance
Selon Gabriel Attal, le mécanisme de contrôle de l’âge reposerait sur un tiers de confiance indépendant. Ce dispositif aurait pour mission de vérifier l’âge des utilisateurs sans transmettre d’informations personnelles aux réseaux sociaux ou aux autorités publiques.
L’objectif affiché est de concilier protection des mineurs et respect de la vie privée. Le gouvernement et la majorité présidentielle insistent sur le caractère sécurisé et neutre de cet outil, présenté comme une solution technique fiable.
Cependant, plusieurs spécialistes du numérique soulignent que la centralisation de données d’identité, même partielle, pose des risques structurels. Ils alertent sur la vulnérabilité potentielle d’un tel système face aux cyberattaques ou aux usages détournés.
Des critiques sur la faisabilité et les risques de contournement
De nombreux observateurs doutent de l’efficacité réelle de cette interdiction. Plusieurs scénarios de contournement sont déjà évoqués, notamment l’usage de VPN, la création de faux comptes ou l’accès à des plateformes alternatives via le Dark Web.
Ces pratiques sont déjà largement utilisées par les mineurs pour contourner certaines restrictions numériques. Selon les critiques, la loi pourrait ainsi créer une illusion de protection sans empêcher réellement l’exposition des jeunes à des contenus jugés inappropriés.
D’autres voix s’inquiètent des conséquences sur les libertés numériques. La mise en place d’un contrôle d’âge systématique pourrait, selon eux, ouvrir la voie à un encadrement plus large de l’accès à Internet, au-delà du public mineur.
Malgré ces réserves, la majorité présidentielle défend un texte qu’elle estime nécessaire face à la surexposition des adolescents aux réseaux sociaux. Le débat parlementaire s’annonce intense, entre impératif de protection de l’enfance, respect des libertés individuelles et contraintes techniques.









