France : Assa Traoré dénonce un "racisme systémique" dans la police après la mort d’El Hacen Diarra

La rédaction avec
18:0327/01/2026, mardi
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Assa Traoré, qui a perdu son frère Adama Traoré, mort en garde à vue en 2016 après son interpellation par les gendarmes et dont les circonstances restent contestées.
Crédit Photo : Capture video / @RevPermanente / X
Assa Traoré, qui a perdu son frère Adama Traoré, mort en garde à vue en 2016 après son interpellation par les gendarmes et dont les circonstances restent contestées.

Des centaines de personnes ont manifesté dimanche 25 janvier dans le 20ᵉ arrondissement de Paris, en hommage à El Hacen Diarra, décédé en garde à vue dans un commissariat du quartier.

À l’appel de collectifs antiracistes, de syndicats et d’associations de soutien aux sans-papiers, les manifestants ont exigé justice pour la victime et dénoncé les violences policières. Parmi les figures présentes : Assa Traoré, membre fondatrice du Comité Adama, qui a accordé une interview à Anadolu.

Assa Traoré, qui a perdu son frère Adama Traoré, mort en garde à vue en 2016 après son interpellation par les gendarmes et dont les circonstances restent contestées, est une figure centrale de la lutte contre le racisme et l’impunité policière.
"Nous rendons hommage à Al Hacen, mort dans un commissariat. Ce n’est pas la première fois : Lamine Dieng est mort ici aussi, étranglé"
, a-t-elle déclaré. Au micro d'Anadolu, la jeune femme a directement répondu aux propos du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui a récemment affirmé qu’il n’existait
"ni racisme systémique, ni violences systémiques"
au sein de la police française.
Assumer qu’il y a du racisme, ce n’est pas une faiblesse. C’est pouvoir sauver des vies.

Pour Assa Traoré, les faits parlent d’eux-mêmes :
"Les personnes qui meurent sont majoritairement noires ou arabes. Ce qu’on a laissé passer dans les quartiers populaires déborde maintenant dans les rues de Paris, et devant les foyers".

Au moins 560 décès liés à la police depuis 2005

Elle dénonce également les contrôles d’identité abusifs :
"Aujourd’hui, on contrôle un homme simplement parce qu’il buvait un café en bas de chez lui. C’est une violence extrême".
Elle appelle l’État à prendre ses responsabilités :
"Quand le ministre nie le racisme systémique, ce sont nos vies qui sont mises en danger". "Si on laisse passer Al Hacen, il y aura de nombreux Al Hacen de plus"
, conclut-elle.

La manifestation s’est déroulée dans le calme, mais dans une tension palpable. Selon plusieurs recensements indépendants, 107 personnes sont mortes en France entre 2020 et 2022 lors d’interventions policières ou en garde à vue. Une étude couvrant les deux dernières décennies recense au moins 560 décès liés à la police depuis 2005, souvent sans suites judiciaires.

El Hacen Diarra, ressortissant mauritanien âgé de 35 ans, a été interpellé dans la nuit du 14 au 15 janvier. Selon la version présentée par les autorités, il aurait été contrôlé alors qu’il
"roulait une cigarette de cannabis",
aurait
"refusé le contrôle"
et une altercation aurait suivi, au cours de laquelle un taser a été utilisé. Transféré au commissariat du 20ᵉ arrondissement, il y est mort peu après.

Pas de vidéos

Cette version est fermement contestée par la famille de la victime et par son avocat, Yassine Bouzrou, qui met en cause la réalité du scénario décrit par les policiers et souligne la gravité des violences subies, en s’appuyant notamment sur les images disponibles et les premiers éléments médicaux.

Il s’interroge également sur l’absence de vidéos enregistrées par les caméras-piétons des deux policiers impliqués, qui, selon les autorités,
"n’étaient pas activées faute de batterie"
.
Une explication jugée
"peu crédible"
par l’avocat, qui estime qu’elle prive l’enquête de preuves essentielles. Une enquête judiciaire est en cours. Les policiers impliqués n’ont pas été suspendus.

Pour rappel, l’autopsie révèle un arrêt cardio-respiratoire, une fracture du cartilage thyroïdien et une plaie profonde à la tempe. Les causes exactes de la mort ne sont pas établies à ce stade. Une enquête judiciaire est en cours. Les policiers impliqués n’ont pas été suspendus.


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