Le Japon renvoie ses deux derniers pandas à la Chine

17:1927/01/2026, Salı
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Tokyo restitue ses derniers pandas géants à Pékin, sur fond de tensions diplomatiques liées à Taïwan et de crispations sino-japonaises.
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Tokyo restitue ses derniers pandas géants à Pékin, sur fond de tensions diplomatiques liées à Taïwan et de crispations sino-japonaises.

Le Japon s’apprête à renvoyer mardi ses deux derniers pandas géants en Chine, un geste symbolique intervenant dans un contexte de tensions persistantes entre Tokyo et Pékin autour de la question de Taïwan.

Le départ de ces deux animaux marque une première depuis près d’un demi-siècle: le pays ne comptera désormais plus aucun panda, longtemps perçus comme un symbole de l’amitié sino-japonaise. Dans l’après-midi, Xiao Xiao et Lei Lei ont quitté le zoo d’Ueno, à Tokyo, pour rejoindre l’aéroport de Narita, avant un vol prévu dans la nuit vers la Chine. Leur arrivée est attendue mercredi.

Nés en 2021 au zoo d’Ueno, les deux pandas sont les petits de Shin Shin et Ri Ri, eux-mêmes prêtés au Japon par la Chine dans le cadre d’un programme de recherche sur la reproduction, selon l’agence Kyodo. Pékin est resté propriétaire des animaux, et leur retour intervient conformément à un accord bilatéral de prêt arrivé à échéance.


Lors d’une conférence de presse mardi, le secrétaire général adjoint du cabinet japonais, Kei Sato, a exprimé l’espoir que les échanges autour des pandas puissent se poursuivre à l’avenir.
"J’espère qu’ils resteront en bonne santé et s’épanouiront en Chine"
, a-t-il déclaré.

De son côté, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a affirmé que la Chine
"accueillera toujours avec plaisir les amis japonais qui souhaitent venir voir les pandas géants en Chine"
.

Les premiers pandas géants avaient été envoyés au Japon en 1972, peu après la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays.

Des tensions accrues autour de Taïwan


Ce retour intervient alors que les relations sino-japonaises se sont détériorées ces derniers mois. Lundi, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré que Tokyo pourrait envisager une
"action conjointe"
avec les États-Unis pour évacuer leurs ressortissants en cas de crise à Taïwan.

Selon le Japan Times, elle a précisé que ses propos de novembre ne visaient pas une intervention militaire directe, mais une opération de protection des civils japonais et américains.
"Si l’armée américaine, agissant conjointement avec nous, venait à être attaquée et que le Japon se retirait, l’alliance nippo-américaine s’effondrerait"
, a-t-elle averti.

Pékin a vivement réagi. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a estimé que le Japon
"n’est pas en position d’interférer dans les affaires de la région chinoise de Taïwan"
. Il a accusé des forces politiques japonaises de droite de menacer la stabilité régionale et de remettre en cause l’ordre international d’après-guerre.

Les relations entre la Chine et le Japon se sont particulièrement tendues depuis novembre, lorsque Sanae Takaichi avait affirmé qu’une attaque chinoise contre Taïwan pourrait constituer une
"situation de menace pour la survie"
du Japon, ouvrant la voie à l’exercice du droit de légitime défense collective. Ces déclarations avaient entraîné une vive réaction de Pékin, notamment des recommandations aux citoyens chinois d’éviter le Japon et le rétablissement de restrictions sur les importations de produits de la mer japonais.

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