UE: La Gauche réclame l'interdiction de territoire pour les agents de l'ICE américain avant les Jeux Olympiques de Milan

La rédaction avec
16:3728/01/2026, Çarşamba
AA
Cette photographie montre les écrans affichant les résultats du vote sur le renvoi juridique concernant l'accord avec le Mercosur, ainsi qu'une vue générale de l'hémicycle pendant une session de vote au Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France, le 21 janvier 2026.
Crédit Photo : FREDERICK FLORIN / AFP
Cette photographie montre les écrans affichant les résultats du vote sur le renvoi juridique concernant l'accord avec le Mercosur, ainsi qu'une vue générale de l'hémicycle pendant une session de vote au Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France, le 21 janvier 2026.

Le groupe de La Gauche (The Left) au Parlement européen a officiellement demandé, mardi, l’interdiction d’accès au territoire européen pour les agents de l’agence américaine de l’immigration (ICE).

Cette requête intervient alors que la présence potentielle de ces unités en Italie, pour sécuriser la délégation américaine aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, suscite une opposition politique et locale.

Dans une lettre adressée le 27 janvier à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi qu’au président du Conseil européen, Antonio Costa, et à la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, les coprésidents du groupe, Manon Aubry et Martin Schirdewan, invoquent une situation des droits de l'homme
"se détériorant rapidement"
aux États-Unis.
Les eurodéputés pointent notamment, selon la lettre,
"la répression des libertés d'expression et de réunion, et un nombre croissant de morts par des unités masquées de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE)"
.

Craintes sécuritaires autour des JO de Milan

Le courrier fait suite à des informations de presse évoquant le déploiement d’agents de l’ICE en Italie courant février. Le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) souligne que l'objectif affiché de ce déploiement est d'assurer la sécurité de hauts dignitaires américains, dont le vice-président J.D. Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio, lors des Jeux olympiques d’hiver.

Jugeant que
"l'Union européenne possède à la fois l'autorité et la responsabilité d'intervenir"
, les signataires réclament l'activation de mesures restrictives, notamment des interdictions de voyage, en vertu des articles 29 du TUE et 215 du TFUE.
"L'Union européenne doit prendre des mesures pour empêcher l'entrée de telles forces sur son territoire"
, écrivent-ils, rejetant l'argument selon lequel ces violences seraient une simple
"affaire interne"
aux États-Unis. Selon la lettre, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme s'est récemment alarmé de
"l'abus et du dénigrement désormais routiniers des migrants et des réfugiés"
aux États-Unis.
"Nous ne laisserons pas Trump nous envoyer ses milices"
, affirme Manon Aubry, Eurodéputée (LFI) mercredi sur le réseau social américain X.

Front politique et local

Cette initiative a reçu le soutien du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen. Mardi, le groupe a qualifié le déploiement d’agents de l’ICE sur le sol européen de
"tout simplement inacceptable"
, affirmant :
"Nous ne tolérerons pas que l'appareil de répression de Trump opère en Italie ou ailleurs dans l'UE"
.
L'inquiétude est également présente en Italie. Le maire de Milan, Giuseppe Sala, a exprimé une fin de non-recevoir sur l’antenne de RTL.
"C'est une milice qui tue"
, a-t-il déclaré, relayé par plusieurs médias locaux.
"Il est clair qu'ils ne sont pas les bienvenus à Milan [...] Nous pouvons assurer leur sécurité nous-mêmes. Nous n'avons pas besoin de l'ICE"
, a-t-il ajouté.
Selon la presse locale, des sources à l'ambassade des États-Unis à Rome ont confirmé que des agents fédéraux viendraient en appui aux détachements de sécurité diplomatique, tout en précisant qu'ils
"ne mèneraient aucune opération d'application de la loi".

Un contexte américain sous haute tension

Cette levée de boucliers en Europe intervient dans un climat de violences impliquant l'ICE aux États-Unis.

À Minneapolis, des agents de l’ICE avaient abattu, le 7 janvier, une citoyenne américaine de 37 ans, Renee Nicole Macklin Good, alors qu’ils menaient des opérations contre les migrants.
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avait affirmé que la victime avait tenté
"d’écraser les agents de l’ICE et de les percuter avec son véhicule".

Lors de manifestations à Minneapolis, le 24 janvier, une autre personne avait été abattue alors que des équipes de l’ICE tentaient de la placer en détention.

Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, avait déclaré que la victime, qu’ils pensaient être de nationalité américaine, était un résident blanc de Minneapolis âgé de 37 ans.
O’Hara avait précisé que cette personne ne possédait aucun casier judiciaire, ajoutant :
"Nous pensons qu’il avait acquis légalement son arme et qu’il disposait d’un permis de port"
.

La Fédération américaine des employés de l’État a annoncé que la personne tuée par la police de l’ICE à Minneapolis était Alex Jeffrey Pretti, infirmier et membre de leur organisation.


A lire également:


#ICE
#jeux olympiques
#Milan
#UE