Israël est le troisième pire pays au monde pour l’emprisonnement de journalistes, selon une organisation de défense de la liberté de la presse

La rédaction avec
12:4929/01/2026, jeudi
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Des membres de la famille et des collègues portent le corps d'un des journalistes palestiniens tués lors d'une frappe israélienne, lors d'un cortège funèbre à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 janvier 2026.
Crédit Photo : BASHAR TALEB / AFP
Des membres de la famille et des collègues portent le corps d'un des journalistes palestiniens tués lors d'une frappe israélienne, lors d'un cortège funèbre à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 janvier 2026.

Plus de 300 journalistes restent emprisonnés dans le monde pour la cinquième année consécutive, Israël figurant au troisième rang des pays qui incarcèrent le plus de professionnels des médias, selon le recensement annuel du Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

D’après le rapport 2025 du CPJ, arrêté au 1er décembre 2025, ces chiffres record traduisent la montée de l’autoritarisme et la multiplication des conflits armés à l’échelle mondiale.

De nombreux journalistes sont détenus dans des conditions jugées cruelles et dangereuses, qualifiées par un ancien prisonnier palestinien de "cimetière des vivants".

Israël comptait 29 journalistes emprisonnés à cette date, soit environ 9 % du total mondial. Le CPJ souligne qu’Israël, seul pays du classement généralement considéré comme une démocratie, a intensifié l’arrestation de journalistes palestiniens depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023.

Nombre d’entre eux sont détenus sans inculpation claire ou placés en détention administrative, en violation du droit international. Plus de 90 journalistes auraient été arrêtés par Israël durant le conflit.

La Chine demeure le premier geôlier mondial pour la troisième année consécutive, avec 50 journalistes emprisonnés, suivie du Myanmar, passé à la deuxième place avec 30 détenus.

Le CPJ note que les dix pires pays en la matière concentrent près de 75 % des quelque 330 journalistes incarcérés dans le monde. L’Azerbaïdjan a réintégré ce groupe pour la première fois depuis 2018, avec 24 journalistes détenus, à la suite d’une vaste répression contre les médias indépendants.

Le nombre de journalistes emprisonnés en Russie, au Myanmar, au Bélarus, en Égypte et en Érythrée est resté globalement stable par rapport aux cinq années précédentes. Bien que 2025 enregistre une légère baisse par rapport au pic de 384 journalistes incarcérés en 2024, les chiffres demeurent élevés et n’ont pas chuté sous la barre des 200 depuis plus de dix ans.

Le recensement indique également que plus d’un tiers des journalistes détenus purgent des peines supérieures à cinq ans, près de la moitié n’ayant jamais été condamnés. Environ 26 % sont emprisonnés sans jugement depuis plus de cinq ans, une situation que le CPJ considère comme contraire aux normes internationales exigeant des procès équitables et sans retard excessif.

Le rapport conclut que le recul mondial de la démocratie et l’affaiblissement des protections des droits humains ont favorisé la répression croissante de la liberté de la presse par des régimes autoritaires, anciens comme nouveaux.


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