Israël prévoit l’échec des pourparlers américano-iraniens et redoute l’exclusion des missiles balistiques

La rédaction avec
12:533/02/2026, mardi
AA
31 janvier 2026, Hambourg : les participants à une manifestation intitulée « Non à la République islamique d'Iran ! » manifestent avec des drapeaux des États-Unis, d'Israël et d'Iran.
Crédit Photo : MARKUS SCHOLZ / DPA / AFP
31 janvier 2026, Hambourg : les participants à une manifestation intitulée « Non à la République islamique d'Iran ! » manifestent avec des drapeaux des États-Unis, d'Israël et d'Iran.

Des analystes militaires israéliens anticipent l’échec des prochaines négociations entre les États-Unis et l’Iran, prévues à partir de vendredi à Istanbul.

Ils estiment que ces discussions ne devraient pas aborder le programme iranien de missiles balistiques, considéré par Tel-Aviv comme une menace majeure pour sa sécurité.

Des responsables israéliens devraient évoquer ces pourparlers imminents entre Washington et Téhéran avec l’envoyé américain Steve Witkoff, attendu en Israël plus tard ce mardi.

Witkoff devrait diriger la délégation américaine lors des discussions d’Istanbul, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, mènera la délégation iranienne.

Les États-Unis et Israël considèrent l’Iran comme leur principal adversaire régional et l’accusent de chercher à se doter de l’arme nucléaire. Téhéran affirme de son côté que son programme nucléaire poursuit des objectifs exclusivement pacifiques, notamment la production d’électricité.

Israël, largement perçu comme le seul pays de la région disposant de l’arme nucléaire, soutient également que les efforts iraniens visant à reconstruire son programme de missiles balistiques à longue portée, endommagé lors du dernier conflit, constituent une menace directe.

En juin 2025, Israël, avec le soutien des États-Unis, a lancé une campagne militaire de douze jours contre l’Iran. Téhéran a riposté en frappant de vastes zones à l’intérieur d’Israël, avant que Washington n’annonce un cessez-le-feu.

Avi Ashkenazi, analyste militaire pour le quotidien israélien Maariv, a estimé que la participation de l’Iran aux négociations suscitait de sérieux doutes quant à leur issue.

Selon lui,
la question centrale reste de savoir si l’Iran est prêt à accepter ce qu’il qualifie de "reddition totale"
: remettre son uranium enrichi, démanteler son programme nucléaire, abandonner son programme balistique et cesser tout soutien aux groupes armés au Yémen, en Irak, en Syrie, au Liban et à Gaza.

Préparation israélienne

Ashkenazi a ajouté qu’Israël considère possible une frappe militaire américaine contre l’Iran et pense que Washington autoriserait Israël à opérer dans l’espace aérien iranien en cas d’attaque.

Il a précisé qu’Israël avait récemment partagé avec les États-Unis des renseignements approfondis, notamment sur les capacités balistiques iraniennes.

L’analyste a souligné que, bien que les systèmes de défense aérienne iraniens aient subi de lourds dégâts lors des frappes israéliennes de juin dernier, l’Iran conserve des capacités industrielles avancées et s’emploie à reconstruire ses infrastructures militaires.

Selon lui, Israël estime que l’Iran a tiré des enseignements du conflit, ce qui oblige l’armée israélienne à renforcer sa préparation en vue d’un affrontement futur.

Il a également rappelé que l’armée israélienne a affirmé que les discussions prévues en Türkiye n’avaient aucun impact sur son niveau d’alerte ou de préparation, tant sur le plan défensif qu’offensif.

De son côté, Amos Harel, analyste militaire pour le journal Haaretz, a estimé que ces pourparlers représentent la dernière occasion pour l’Iran d’éviter une confrontation directe avec le président américain Donald Trump, tout en avertissant que des divergences majeures persistent.

Harel est revenu sur les événements de juin 2025, lorsque des discussions prévues entre Washington et Téhéran avaient échoué après que Donald Trump, selon lui, eut induit les responsables iraniens en erreur et donné son feu vert à Israël pour frapper des sites nucléaires iraniens.

Il a toutefois noté que le contexte actuel diffère quelque peu, évoquant le soutien public de Trump aux manifestants iraniens ainsi que le déploiement quasi complet des forces américaines près du Golfe, incluant des moyens navals et des avions de combat, même si des systèmes supplémentaires de défense antimissile sont encore attendus.


A lire également:



#Etats-Unis
#Iran
#Israël
#négociations
#Istanbul
#Türkiye
#Steve Witkoff
#Abbas Araghchi