
Neuf CRS comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris pour des violences jugées illégitimes contre des manifestants gilets jaunes le 1er décembre 2018. Une trentaine de personnes réfugiées dans un Burger King auraient été frappées lors de leur évacuation, sans sommation. Les vidéos montrent des manifestants non violents repoussés brutalement. Plusieurs victimes évoquent un traumatisme durable. Les policiers encourent jusqu’à sept ans de prison. Le procès ravive le débat sur l’usage de la force policière durant le mouvement des gilets jaunes.
Neuf membres des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) comparaissent ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils sont poursuivis pour des violences jugées illégitimes contre des manifestants gilets jaunes, le 1er décembre 2018, dans un restaurant Burger King du centre de la capitale.
Les faits se sont déroulés à l’issue d’une journée de mobilisation marquée par de fortes tensions et des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants à Paris.
Des manifestants frappés sans sommation dans un Burger King
Selon l’instruction judiciaire, une trentaine de manifestants s’étaient réfugiés dans ce fast-food afin d’échapper aux violences en cours dans la rue. Lors de leur évacuation, plusieurs d’entre eux auraient été frappés à coups de matraque, sans sommation préalable et sans justification apparente.
Les images de vidéosurveillance versées au dossier montrent des personnes non violentes, repoussées brutalement vers la sortie. Certaines chutes et coups portés ont été jugés disproportionnés par les enquêteurs.
Parmi les victimes figurent un couple venu manifester pacifiquement. Ils évoquent aujourd’hui un traumatisme durable, tant physique que psychologique, lié à cette intervention policière.
Jusqu’à sept ans de prison encourus pour les policiers poursuivis
Les CRS mis en cause encourent jusqu’à sept ans de prison pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique. Certaines infractions sont aggravées par leur caractère collectif.
À l’audience, plusieurs policiers ont reconnu un usage excessif de la force. D’autres ont affirmé avoir agi selon des consignes de fermeté données ce jour-là. Un cadre de l’unité a dénoncé une perte de discernement et une gestion irresponsable des opérations, dans un contexte de forte pression opérationnelle.
Ce procès relance le débat sur l’usage de la force policière lors du mouvement des gilets jaunes, qui avait profondément marqué la France à la fin de l’année 2018.









