
La Première ministre ultra-conservatrice japonaise Sanae Takaichi a désormais les coudées franches pour poser son empreinte sur l’archipel, notamment en matière de dépenses publiques, après un triomphe électoral dimanche donnant au parti au pouvoir une majorité des deux tiers à la chambre basse pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.
Devenue en octobre la première femme à diriger le Japon et portée depuis par un état de grâce, Mme Takaichi a dissous fin janvier la chambre basse du Parlement où sa coalition gouvernementale disposait d’une courte majorité.
Si les résultats officiels le confirment, Mme Takaichi, 64 ans, se voit donc accorder un mandat solide pour mettre en œuvre son programme conservateur dans l’archipel de 123 millions d’habitants au cours des quatre prochaines années.
Elle s’inscrirait alors dans le sillage de son mentor Shinzo Abe (Premier ministre en 2006-2007 puis 2012-2020), qui avait profondément marqué le pays par ses positions nationalistes et son programme économique comprenant notamment des relances budgétaires.
La région Asie-Pacifique reste toutefois attentive, alors que les tensions sino-japonaises ont pris une nouvelle ampleur depuis que Sanae Takaichi a laissé entendre en novembre que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan, dont Pékin revendique la souveraineté.
Les marchés financiers pourraient également s’inquiéter d’un dérapage des finances publiques et du colossal endettement si Mme Takaichi continue de renforcer ses mesures de relance budgétaire pour soutenir la quatrième économie mondiale.
Renforcée par la perspective de dépenses budgétaires accrues, la Bourse de Tokyo a bondi de plus de 5 % lundi à l’ouverture, atteignant un niveau record. Le yen progresse également, mais le marché de la dette se retrouve de nouveau sous pression, signe d’inquiétudes persistantes.
Félicitations de Trump
Cette grande admiratrice de Margaret Thatcher, ancienne batteuse de heavy metal, est très populaire, notamment auprès des jeunes, et est devenue un phénomène sur les réseaux sociaux.
Bien qu’elle soit la première femme à gouverner le pays, Sanae Takaichi a montré peu d’appétence pour les revendications féministes, dans un monde politique japonais dominé par les hommes.
Elle affiche également son conservatisme sur l’immigration, ayant promis de durcir considérablement les contrôles.









