
Trois millions de documents supplémentaires issus des "Dossiers Epstein", saisis par le ministère de la Justice des États-Unis, ont été rendus publics. Il est également indiqué que trois autres millions de documents existent mais n’ont pas été jugés nécessaires à la publication. Déversés sans ordre, sans cadre précis, comme lors d’une crue soudaine, ces documents soulèvent davantage de questions qu’ils n’apportent de réponses. Les journalistes, creusant avec la patience d’un mineur ou la minutie d’un archéologue, tentent désormais de comprendre qui était réellement Epstein, désormais mort, et dans quel type de réseau il s’inscrivait.
Epstein s’est suicidé en prison ou a été tué. Sa complice, Ghislaine Maxwell, condamnée à vingt ans de prison, cherche quant à elle tous les moyens possibles pour s’en sortir, y compris en devenant "repentie". Lors de son premier procès en 2008, Epstein avait déjà échappé à une lourde peine en concluant un accord avec la justice, ce qui lui avait permis de poursuivre ses "activités". Arrêté à nouveau en juillet 2019, Epstein avait été retrouvé pendu dans sa cellule un mois plus tard. Beaucoup estiment que les forces qui l’avaient façonné ont ensuite choisi de l’éliminer.
En travaillant comme des détectives ou des archéologues, les journalistes peuvent, à partir des vestiges Epstein, faire émerger certaines vérités. Il n’en restera pas moins des montagnes de "réalités" encore enfouies, attendant d’être dévoilées. Si le "réseau Epstein" constitue un vaste "piège au miel" destiné aux élites mondiales, alors les forces à l’origine de ce réseau disposent probablement de documents bien plus importants que ceux aujourd’hui jetés en pâture. Afin d’éviter que le fil ne mène jusqu’à elles, ces forces utiliseront la capacité de "chantage" de ces documents comme un instrument de pression.
Parmi les découvertes liées à Epstein figurent également, côté européen, des hommes politiques, des hauts fonctionnaires, des princes, des princesses, des lords, des ducs, des banquiers et des lobbyistes, bref, des noms disposant d’un accès privilégié à toutes sortes de secrets et d’informations sensibles. Il apparaît évident que des pratiques sexuelles déviantes ont été utilisées comme un outil permettant d’ouvrir les portes de ce réseau d’influence. Mais Epstein ne pouvait, à lui seul, identifier qui était enclin à ce type de penchants. Il apparaît donc que ces informations lui ont été fournies par "quelqu’un". La question centrale demeure : qui sont ces "quelqu’uns" ?
Le "Mossad" figure en tête de liste des "suspects habituels" lorsqu’il est question du réseau ayant façonné Epstein. En effet, le père de Ghislaine Maxwell, le magnat de la presse britannique Robert Maxwell, mort en 1991 dans des circonstances troubles, était connu pour avoir travaillé avec le "Mossad". Il semble que Ghislaine Maxwell ait ouvert à Epstein les portes des réseaux de son père au sein de la haute société britannique, des milieux politiques, médiatiques et financiers. Lord Peter Mandelson, ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, contraint de quitter ses fonctions en septembre 2025 en raison de sa proximité avec Epstein, faisait partie du cercle proche de Robert Maxwell. Le lien entre Mandelson et Epstein passait lui aussi par Ghislaine Maxwell.
Il a été annoncé que Lord Mandelson ne s’est pas contenté de quitter le Parti travailliste, dont il était membre, mais qu’il a également renoncé à son siège à la Chambre des Lords. Figure centrale de l’aile pro-israélienne du Parti travailliste, Mandelson aurait, lorsqu’il occupait le poste de ministre du Commerce, transmis à Epstein des informations hautement sensibles. Une enquête a par ailleurs été ouverte contre lui au Royaume-Uni.
Mandelson avait été nommé ambassadeur à Washington en 2024 par le Premier ministre Keir Starmer. Au moment de cette nomination, les liens de Mandelson avec Epstein étaient connus. Starmer avait même été averti de ne pas procéder à cette désignation. Malgré ces avertissements, il avait maintenu son choix. Aujourd’hui, Starmer présente ses excuses au peuple britannique.
Surnommé le "Prince des ténèbres", Mandelson a joué un rôle clé dans l’accession de Tony Blair et de Gordon Brown à la tête du Parti travailliste. Il fut en revanche l’ennemi juré de Jeremy Corbyn, leader du parti entre 2015 et 2020. Les critiques de Corbyn à l’égard d’Israël et son écoute des revendications palestiniennes avaient conduit l’aile pro-israélienne du parti à l’accuser d’"antisémitisme". Lord Mandelson fut l’un des principaux architectes de la campagne de lynchage politique menée contre Corbyn et joua un rôle déterminant dans son éviction du parti.
Élu député en tant qu’indépendant lors des élections de 2024, Corbyn poursuit désormais son chemin avec un nouveau parti intitulé "This is Your Party". La carrière politique de Mandelson, quant à elle, s’est achevée de manière honteuse. Pris dans l’étau judiciaire, Mandelson pourrait même entraîner la chute de Keir Starmer de son poste de Premier ministre, selon certaines rumeurs persistantes.
La première secousse politique provoquée par l’examen des découvertes Epstein a frappé Mandelson et le Royaume-Uni. À mesure que les fouilles se poursuivront et que les pièces du puzzle s’assembleront de manière cohérente, d’autres séismes politiques sont inévitables. Les plaques tectoniques ont déjà commencé à bouger.
Le nom et le logo BIST sont protégés sous le "Certificat de Marque Protégée" et ne peuvent être utilisés, cités ou modifiés sans autorisation.Tous les droits d'auteur des informations publiées sous le nom BIST appartiennent entièrement à BIST et ne peuvent être republiés. Les données de marché sont fournies par iDealdata Finansal Teknolojiler A.Ş. Les données des actions BIST sont retardées de 15 minutes.