
La rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese est au centre d’une polémique en France après la diffusion d’une phrase qu’elle n’a jamais prononcée. Malgré les démentis, le ministre Jean-Noël Barrot demande sa démission. L’association de juristes JURDI a saisi le parquet de Paris pour diffusion de fausse nouvelle, dénonçant une manipulation des propos de la rapporteuse. L’affaire relance le débat sur les pressions politiques visant les experts des Nations unies.
Accuser le messager pour faire oublier le message ? C’est ce dont est victime depuis plusieurs jours Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés.
Or la vérification de son intervention publique du 7 février montre qu’elle n’a jamais prononcé cette phrase dans ces termes ni dans ce sens. Ses propos ont été tronqués et sortis de leur contexte avant d’être largement diffusés sur les réseaux sociaux puis repris dans le débat politique.
JURDI affirme que cette information, apparue initialement sur les réseaux sociaux, a ensuite été relayée par plusieurs responsables politiques, notamment des députés Renaissance. Une polémique politique devenue affaire judiciaire.
Une rapporteuse régulièrement attaquée
Depuis le début de la guerre à Gaza, elle a dénoncé des violations graves du droit international, contesté l’existence d’un véritable cessez-le-feu et alerté à plusieurs reprises sur l’insuffisance de l’aide humanitaire.
Ses positions lui ont valu des critiques régulières de la part de responsables politiques et d’organisations favorables à Israël, ainsi que des campagnes de discrédit sur les réseaux sociaux.
Elle a également fait l’objet de sanctions américaines, mesure dénoncée par plusieurs organisations de défense des droits humains.
Une polémique qui dépasse une personne
Le mandat des rapporteurs spéciaux consiste à rapporter les faits sur le terrain et à produire des analyses indépendantes sur les situations de droits humains.
Pour ses soutiens, la polémique actuelle illustre une stratégie visant à discréditer une experte des Nations unies dont les conclusions dérangent.
En attaquant la messagère, c’est donc le message que certains tentent de faire oublier.









