
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a dénoncé lundi l’approche de l’Union européenne à l’égard de la candidature de la Türkiye, affirmant qu’Ankara nourrit depuis de nombreuses années l’ambition de rejoindre le bloc en tant que membre à part entière, mais que des considérations politiques ont freiné l’aboutissement de ce processus.
Dans un entretien accordé à la chaîne publique portugaise RTP, Fidan a estimé que l’absence d’intégration complète de la Türkiye au sein de l’UE représente une occasion historique manquée, tant pour Ankara que pour l’Europe. Selon lui, un approfondissement de la coopération aurait pu générer des bénéfices stratégiques considérables pour les deux parties.
Il a mis en avant la vigueur de l’économie turque, sa population jeune, le développement de son industrie de défense et sa position géographique stratégique, estimant qu’une intégration des capacités militaires et de l’influence régionale d’Ankara avec celles de l’UE pourrait déboucher sur un partenariat inédit, profitable à l’échelle régionale et mondiale.
Il a ajouté que le contexte mondial actuel appelle à une forme d’unité dépassant les clivages civilisationnels, permettant à des cultures diverses de contribuer collectivement à un avenir commun.
S’agissant de la situation à Gaza, le ministre a insisté sur l’urgence pour la communauté internationale d’exercer une pression constante afin de garantir l’acheminement continu et suffisant de l’aide humanitaire, notamment de nourriture, d’abris et de fournitures essentielles, alors que les conditions hivernales aggravent la crise.
Il a estimé que, malgré un cessez-le-feu précaire et l’autorisation d’une aide limitée, la réponse internationale demeure largement insuffisante, jugeant moralement inacceptable d’abandonner les civils à la faim, au déplacement et à l’exposition aux intempéries.
Abordant le conflit russo-ukrainien, Fidan a réaffirmé le soutien de la Türkiye à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à la sécurité de l’Ukraine, tout en soulignant que seule une solution politique, fondée sur le dialogue, un cessez-le-feu et la diplomatie, pourra mettre fin à la guerre.
Il a noté que le conflit a dépassé le cadre d’un affrontement strictement bilatéral, entraînant de profondes fractures politiques et économiques, des crises énergétiques et alimentaires, et une instabilité accrue à l’échelle mondiale.
Le ministre a précisé que la Türkiye appuie toutes les initiatives visant à instaurer la paix, y compris celles portées par l’administration Trump, rappelant que les efforts de médiation d’Ankara s’inscrivent de longue date dans une démarche diplomatique destinée à rapprocher les parties.
Il a enfin souligné que la Türkiye demeure, selon lui, le seul acteur capable de réunir les deux camps autour de la table des négociations et qu’elle poursuivra sans relâche ses efforts pour mettre fin à ce qu’il a qualifié de conflit absurde et destructeur.









