
L’armée israélienne a déployé d’importants effectifs vendredi en Cisjordanie occupée, notamment aux points de contrôle menant à Jérusalem, renforçant les restrictions contre les Palestiniens souhaitant prier à la mosquée Al-Aqsa à l’occasion du deuxième vendredi du mois sacré du Ramadan.
Dès l’aube, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés au checkpoint militaire de Qalandia, au nord de Jérusalem, dans l’espoir d’accéder à la ville sainte.
Beaucoup ont toutefois été refoulés, les soldats invoquant le non-respect de conditions préétablies.
Restrictions israéliennes
Au début du Ramadan, Israël a approuvé un plan limitant à 10 000 le nombre de fidèles palestiniens autorisés à participer aux prières du vendredi, sur la base de recommandations sécuritaires. Chaque fidèle doit obtenir un permis journalier spécifique.
L’accès est réservé aux hommes de 55 ans et plus, aux femmes de 50 ans et plus, ainsi qu’aux enfants de moins de 12 ans accompagnés d’un parent proche.
L’armée israélienne a précisé que chaque permis est soumis à une validation sécuritaire préalable et que les fidèles doivent se soumettre à des procédures de vérification numérique aux points de passage lors de leur retour en Cisjordanie.
Ali Nawas, 58 ans, a expliqué que les soldats l’avaient autorisé à passer au checkpoint de Qalandia, mais avaient refusé l’entrée à son épouse malgré son permis. Contraint de rebrousser chemin, il a dénoncé une décision incompréhensible après plus d’une heure de trajet depuis Naplouse. Il a rappelé la valeur spirituelle particulière attribuée à la prière à Al-Aqsa dans la tradition islamique.
Refus d’accès à Al-Aqsa
Najati Oweida, venu de Hébron, a également été refoulé malgré la présentation d’un permis valide, dénonçant des procédures strictes malgré les annonces de facilitation.
Mariam Ramadan, 54 ans, a elle aussi été empêchée d’accéder à la ville. Elle affirme avoir été accusée à tort de mentir, malgré la possession d’un permis, estimant que les autorités cherchent à limiter l’affluence des fidèles.
Chaque année, le Ramadan attire des centaines de milliers de Palestiniens de Cisjordanie vers la mosquée Al-Aqsa, créant une atmosphère festive à Jérusalem. Mais depuis le début de la guerre à Gaza le 8 octobre 2023, les autorités israéliennes ont durci les restrictions aux checkpoints menant à la ville.
Au cours des deux dernières années, seuls des contingents limités de Palestiniens ont été autorisés à entrer à Jérusalem, après l’obtention de permis militaires difficiles à décrocher.
Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur État, tandis qu’Israël revendique Jérusalem, dans ses parties est et ouest, comme sa capitale.









