Hakan Fidan déclare que la Türkiye et ses partenaires régionaux s'efforcent d'empêcher l'escalade du conflit

La rédaction avec
11:444/03/2026, mercredi
AA
Sur cette photo prise et publiée le 30 janvier 2026 par le service de presse du ministère turc des Affaires étrangères, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien à l'issue de leur rencontre à Istanbul.
Crédit Photo : HANDOUT / MINISTÈRE TURC DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES / AFP
Sur cette photo prise et publiée le 30 janvier 2026 par le service de presse du ministère turc des Affaires étrangères, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien à l'issue de leur rencontre à Istanbul.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a estimé que les bombardements iraniens visant les pays du Golfe "sans distinction" relevaient d’une "stratégie profondément erronée", mettant en garde contre un risque accru d’escalade régionale.

Intervenant sur la chaîne TRT Haber, il a averti qu’un élargissement du conflit au Moyen-Orient pourrait avoir de lourdes répercussions sur la sécurité régionale, l’économie mondiale et les marchés de l’énergie.

Selon lui, l’Iran cible notamment Oman, le Qatar, le Koweït, Bahreïn, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie, y compris des infrastructures énergétiques essentielles à la stabilité économique internationale.

Hakan Fidan a souligné que les frappes ne visaient pas uniquement des bases américaines, mais aussi des installations énergétiques et civiles. Il a prévenu que si ces attaques se poursuivaient, les pays concernés pourraient difficilement s’abstenir de riposter, ce qui amplifierait encore la crise.

Il a précisé que la Türkiye suivait la situation de près à travers des réunions de coordination réunissant le ministère de la Défense et les services de renseignement, ajoutant que le président Recep Tayyip Erdogan était régulièrement informé. Il a également noté que la guerre commençait déjà à peser sur les marchés de l’énergie, avec un risque de hausse de l’inflation, notamment en Europe.

Le chef de la diplomatie turque a estimé que les États-Unis détenaient un rôle déterminant pour mettre fin aux hostilités, affirmant qu’à ce stade, Washington était l’acteur capable d’influer sur Israël. Il a indiqué que des consultations étaient en cours entre les pays du Golfe, la Türkiye et plusieurs États européens afin d’examiner les scénarios possibles et d’éviter une aggravation de la crise.

Selon lui, l’Iran semblerait désormais plus disposé à envisager un cessez-le-feu, mais toute solution devrait être formulée de manière à convaincre à la fois Washington et Téhéran. Il a ajouté que la Türkiye pourrait jouer un rôle de médiation si les conditions le permettaient.

Hakan Fidan a également rappelé les efforts diplomatiques entrepris avant le déclenchement du conflit. Il a évoqué un échange entre le président Recep Tayyip Erdogan et le président américain Donald Trump le 27 janvier, alors que Washington envisageait une éventuelle offensive. Le 30 janvier, Ankara avait accueilli à Istanbul le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi dans le cadre de tentatives de désescalade.

Il a expliqué que les États-Unis avaient présenté quatre conditions simultanées à l’Iran pour résoudre la crise, que Téhéran avait rejetées. La Türkiye avait alors proposé un format de négociation différencié, prévoyant des discussions bilatérales entre Washington et Téhéran sur deux points, et des échanges avec les pays de la région sur les deux autres. Cette initiative avait, selon lui, temporairement retardé l’éclatement du conflit, finalement déclenché le 28 février.

Le ministre a estimé que la durée et l’intensité de la guerre dépendraient des objectifs poursuivis, évoquant deux scénarios principaux : la neutralisation des capacités militaires iraniennes ou un changement de régime. Il a également averti que le conflit risquait d’aggraver la situation humanitaire à Gaza et de compromettre les efforts en faveur d’un cessez-le-feu.

Les tensions se sont fortement accrues depuis les attaques de grande ampleur lancées le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, auxquelles Téhéran a répondu par des frappes de drones et de missiles visant Israël ainsi que plusieurs pays du Golfe abritant des installations militaires américaines.


A lire également:



#Etats-Unis
#Hakan Fidan
#Iran
#Les pays du Golfe
#Türkiye
#diplomatie turque
#TRT Haber
#pays du Golfe
#escalade régionale
#frappes iraniennes
#infrastructures énergétiques
#marchés de l’énergie
#inflation en Europe
#bases américaines
#droit de riposte
#Recep Tayyip Erdogan
#coordination sécuritaire
#États-Unis
#Israël
#médiation turque
#cessez-le-feu
#Donald Trump
#Abbas Araghchi
#négociations Washington-Téhéran
#changement de régime
#neutralisation militaire
#crise à Gaza
#tensions au Moyen-Orient