Partenariat turc: la formation d’ingénieurs kényans transformée

17:016/01/2026, الثلاثاء
AA
Grâce au programme Cezeri Lab soutenu par la Türkiye, des étudiants kényans accèdent à une formation pratique en robotique, IA et ingénierie appliquée.
Crédit Photo : X /
Grâce au programme Cezeri Lab soutenu par la Türkiye, des étudiants kényans accèdent à une formation pratique en robotique, IA et ingénierie appliquée.

Dans un atelier animé d’une université kényane, un robot compact monté sur des roues jaune vif roule sur le sol carrelé, s’arrête, oriente sa tête bardée de capteurs et recalcule son itinéraire.

À proximité, des étudiants se penchent sur des fers à souder et des cartes électroniques ouvertes, dénudant soigneusement des fils, téléversant de nouveaux codes et testant des prototypes qui, quelques semaines plus tôt, n’étaient encore que de simples esquisses.

Pour de nombreux aspirants ingénieurs, notamment ceux issus de familles incapables de s’offrir ce type d’équipement, le laboratoire Cezeri représente le premier lieu où des idées abstraites prennent une forme concrète.



Le partenariat entre la Türkiye et le Kenya a permis l’introduction d’outils de fabrication avancés, offrant aux étudiants la possibilité d’aller au-delà des manuels théoriques pour concevoir, manipuler et observer des machines prendre vie.

Le Cezeri Lab est une initiative technologique et d’innovation soutenue par l’Agence turque de coopération et de coordination (TIKA). Elle vise à développer des compétences pratiques en robotique, programmation, intelligence artificielle et ingénierie appliquée auprès des jeunes. Baptisé en hommage à l’inventeur du XIIe siècle Al-Jazari, le programme met l’accent sur l’apprentissage par la pratique, à l’aide de kits robotiques, d’imprimantes 3D et de plateformes de codage.


TIKA a déployé des laboratoires Cezeri dans plusieurs pays afin de renforcer l’enseignement des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques. Ces infrastructures ont été mises en place notamment en Somalie, au Soudan, en Éthiopie, au Niger et en Tanzanie, en coopération avec des universités et institutions techniques locales. Au-delà de l’équipement, le programme comprend également la formation des enseignants pour garantir sa pérennité.

Robotique, automatisation et développement logiciel


Au Kenya, le Cezeri Lab a été inauguré à l’université Jomo Kenyatta d’agriculture et de technologie (JKUAT), offrant aux étudiants une exposition pratique à la robotique, à l’automatisation et au développement logiciel, en complément de leurs enseignements académiques.


Étudiant en cinquième année d’ingénierie aérospatiale, Brian Viiya se tient près d’une table encombrée d’engrenages imprimés en 3D, de servomoteurs et de structures découpées à la main.

"Les choses que nous avons pu réaliser en si peu de temps sont incroyables"
, confie-t-il, soulignant que des projets qui nécessitaient autrefois plusieurs mois peuvent désormais être menés à bien
"en très peu de temps et de manière efficace"
.

À quelques mètres, Alex Katuso, étudiant en dernière année, vérifie l’alignement d’un rotor d’hélicoptère imprimé en 3D. Fasciné depuis l’enfance par l’aviation, il explique que ses ambitions semblaient inaccessibles avant l’ouverture du laboratoire.
"Être dans la seule université qui propose l’ingénierie aérospatiale jusqu’à présent et disposer de ce laboratoire me fait croire qu’il y a un avenir et de l’espoir"
, souligne-t-il.

Un espace vivant et interdisciplinaire


Le laboratoire donne l’impression d’un organisme vivant. Les imprimantes 3D à filament fonctionnent en continu, déposant des couches de plastique fondu qui se transforment progressivement en pièces robotiques. Les imprimantes à résine projettent une lumière UV sur des modèles biomédicaux complexes, tels qu’un cerveau humain détaillé utilisé pour l’enseignement de l’anatomie.

Les découpeuses laser sculptent des engrenages et des structures avec précision, tandis que les étudiants passent d’un poste à l’autre, animés par la curiosité et l’urgence de concrétiser leurs idées.


Selon Ken Iloka, enseignant au département de génie électrique et électronique, ce partenariat va bien au-delà de la simple fourniture d’équipements.


"Il a profondément transformé l’enseignement de l’ingénierie"
, explique-t-il, rappelant que la formation au Kenya était historiquement très axée sur la théorie.
"Les étudiants peuvent désormais passer de la compréhension théorique à la pratique, concevoir, innover et prototyper leurs propres idées."

Dans cet espace partagé, des étudiants en architecture exploitent l’impression 3D pour modéliser des bâtiments complexes, tandis que des futurs ingénieurs biomédicaux étudient des organes imprimés, et que des spécialistes en génie civil adaptent les outils à la modélisation d’infrastructures.

Pour de nombreux étudiants ayant grandi sans accès aux technologies numériques, le Cezeri Lab est devenu un lien essentiel entre l’imagination et l’opportunité. Au milieu du bourdonnement des machines, des capteurs clignotants et d’une collaboration permanente, la nouvelle génération d’ingénieurs kényans apprend non seulement la théorie, mais aussi l’art de construire des solutions de ses propres mains.


À lire également:








#innovation
#Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology
#Kenya
#tech
#Turkish Cooperation and Coordination Agency (TIKA)
#Türkiye
#Cezeri Lab
#TIKA
#ingénierie
#robotique
#intelligence artificielle
#formation technologique
#université