France : pas de risque d’approvisionnement en gaz ou en carburant "à court terme", assure Roland Lescure

La rédaction avec
11:276/03/2026, vendredi
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Le ministre français de l’Économie Roland Lescure
Crédit Photo : X /
Le ministre français de l’Économie Roland Lescure

La France ne fait face à "aucun risque d’approvisionnement" en gaz ou en carburant "à court terme" malgré les tensions au Moyen-Orient, a assuré le ministre de l’Économie Roland Lescure dans un entretien publié jeudi par le quotidien Le Parisien.

"Je tiens à rassurer les automobilistes : nous n’avons pas de risque d’approvisionnement, ni en gaz ni en essence à court terme"
, a déclaré le ministre, ajoutant ne pas avoir
"d’inquiétude pour le mois qui vient"
.
Selon lui, l’approvisionnement énergétique du pays reste assuré alors que
"le pétrole continue à arriver et à être raffiné"
en France. Il a également rappelé que le pays dispose d’environ trois mois de stocks stratégiques, des réserves constituées pour faire face à d’éventuelles perturbations du marché.
La France importe par ailleurs environ 10 % de son pétrole brut du Moyen-Orient, une proportion jugée limitée par le gouvernement dans le contexte actuel.
"Le seul risque, c’est la panique"
, a estimé Roland Lescure.

Sept millions de Français exposés

Le ministre a toutefois reconnu une hausse récente des prix des carburants en France depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Selon lui, les tarifs du SP95, un type d’essence sans plomb utilisé par de nombreux véhicules, ont augmenté de
"5 à 15 centimes d’euro"
depuis la semaine du 27 février, tandis que le prix du gazole, carburant principalement utilisé par les véhicules diesel, a progressé de
"15 à 20 centimes"
.
Concernant le gaz, environ sept millions de Français pourraient être exposés à une hausse liée aux fluctuations du marché, les prix pouvant augmenter de 5 % à 10 %, a indiqué le ministre.
Roland Lescure a également signalé que
"certaines stations"
appliquaient des prix
"beaucoup plus élevés"
depuis le début du conflit.
"Si certaines profitent de la situation, elles doivent être ramenées dans le rang"
, a-t-il déclaré.

Dans ce contexte, le ministère de l’Économie a reçu jeudi au siège du ministère à Paris, les principaux distributeurs de carburant afin de s’assurer que les hausses observées à la pompe restent proportionnées à l’évolution des cours du pétrole sur les marchés internationaux, perturbés par la guerre au Moyen-Orient.

Achats de précaution

Selon plusieurs participants à cette réunion, le gouvernement a appelé les distributeurs à la
"mesure"
afin d’éviter tout
"effet d’aubaine"
, après la constatation de prix jugés particulièrement élevés dans certaines stations-service. L’exécutif estime toutefois que ces situations restent
"isolées"
et qu’il n’existe pas de hausse généralisée injustifiée.

Les autorités ont également indiqué suivre l’évolution des prix de manière rapprochée, avec des contrôles réguliers. De leur côté, les distributeurs ont assuré examiner attentivement les pratiques tarifaires dans leurs réseaux de stations-service.

La réunion avait également pour objectif de vérifier l’état des stocks de carburant. Selon le ministère comme les distributeurs, les réserves restent suffisantes et aucune pénurie n’est envisagée à ce stade.

Certaines stations peuvent ponctuellement se retrouver avec des pompes temporairement vides, une situation attribuée principalement à des achats de précaution de la part d’automobilistes redoutant une pénurie ou une forte hausse des prix. Ces phénomènes demeurent toutefois très minoritaires, selon les acteurs du secteur.

Les distributeurs ont par ailleurs souligné que la dépendance française au pétrole du Moyen-Orient reste limitée, la France n’y important qu’une part relativement faible de son pétrole brut.

La hausse des prix de l’énergie constitue l’une des principales préoccupations économiques liées à l’escalade militaire au Moyen-Orient, qui ravive en Europe le souvenir de la flambée des coûts énergétiques observée après le début de la guerre en Ukraine en 2022.


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