
Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête préliminaire pour tortures et crimes de guerre suite au signalement du Quai d'Orsay sur les traitements subis par des militants français de la flottille pour Gaza, selon des sources judiciaires.
L'ouverture de l'enquête
Le parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête préliminaire pour tortures et crimes de guerre, a indiqué vendredi l'institution judiciaire sollicitée par l'AFP. Cette procédure fait suite à un signalement du Quai d'Orsay concernant les conditions de détention de ressortissants français ayant participé à la flottille humanitaire destinée à Gaza. Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, précise la même source.
Des traitements dénoncés par Paris
Fin mai, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait annoncé avoir saisi la justice après réception d'un rapport du consul général de France à Istanbul. Ce document faisait état de violences sexuelles, d'exposition au froid, de coups et d'humiliations répétées à l'encontre des militants français détenus provisoirement en Israël. Par ailleurs, une vidéo publiée par le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir montrant des activistes agenouillés et les mains liées avait provoqué un tollé diplomatique.
L'interception en Méditerranée
La flottille, composée d'une cinquantaine de navires, avait appareillé de Türkiye le 14 mai dans l'objectif de briser le blocus maritime imposé par Israël à la bande de Gaza. Les autorités israéliennes avaient arraisonné les bateaux en Méditerranée, à l'ouest de Chypre, interpellant 430 militants dont une trentaine de Français. Selon l'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, les personnes arrêtées avaient été conduites de force à la prison de Ktziot, dans le sud du pays, avant d'être expulsées.
Réactions et mesures diplomatiques
De son côté, l'avocat Vincent Brengarth, qui défend le journaliste d'Al Jazeera Hafedh Mribah, a salué une première étape judiciaire alors qu'il prépare une plainte complémentaire. Plusieurs pays européens ont également appelé l'Union européenne à prendre des sanctions contre Israël et contre le ministre Ben Gvir suite à la diffusion de ces images controversées. Cette demande intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les capitales européennes et le gouvernement israélien.









