
L'Iran a lancé sa préparation pour la Coupe du Monde 2026 à Tijuana, au Mexique, après avoir renoncé à installer son camp de base aux États-Unis. La sélection iranienne doit composer avec plusieurs difficultés, notamment le refus de visas pour une partie de son encadrement et un manque de rythme de certains joueurs. Malgré ces contraintes, la Team Melli poursuit sa préparation avant ses rencontres face à la Belgique, l'Égypte et la Nouvelle-Zélande.
L'Iran lance sa préparation dans un climat hostile
L'équipe nationale d'Iran a effectué dimanche soir son tout premier entraînement sur le sol mexicain, à huis clos, dans l'enceinte du stade Caliente de Tijuana. Footing de décrassage, réveil musculaire et premiers échanges de balles: une séance volontairement tranquille pour des joueurs débarqués le matin même après plus de 24 heures de vol depuis la Türkiye.
Mais derrière cette routine se cache une réalité bien moins sereine. La Team Melli prépare le Mondial dans des conditions dégradées, conséquence directe des entraves multipliées par les États-Unis.
Un traitement indigne d'une compétition mondiale
Disons-le sans détour: la manière dont Washington traite la sélection iranienne est scandaleuse. Alors que la Coupe du Monde est censée incarner la trêve et l'universalité du sport, les États-Unis ont multiplié les obstacles administratifs et logistiques contre une équipe qui n'a fait que se qualifier sportivement.
Une quinzaine de membres de l'encadrement se sont vu refuser leur visa, dont le président de la fédération iranienne, Mehdi Taj. Priver une délégation nationale d'une partie de son staff à quelques jours du coup d'envoi n'a rien d'un simple détail bureaucratique: c'est une atteinte à l'esprit même de la compétition, et une humiliation infligée à tout un peuple à travers son football.
Pour son sélectionneur Amir Ghalenoei, l'équipe se présente loin des conditions optimales. Il a rappelé qu'un décalage horaire de douze heures exige normalement deux semaines d'acclimatation, et que son groupe aurait dû arriver bien plus tôt. Des contraintes qui ne doivent rien au hasard sportif et tout à un environnement politique délibérément hostile.
Tijuana, base imposée par la tension
L'Iran devait initialement installer son camp à Tucson, en Arizona. Le choix s'est finalement reporté en urgence sur Tijuana, ville mexicaine frontalière de la Californie, sur fond de tensions exacerbées entre Téhéran et Washington depuis les frappes israélo-américaines menées contre l'Iran à partir de fin février.
Le dispositif sécuritaire déployé autour de la sélection (gardes nationaux lourdement armés, cordon militaire à l'entrée du stade) illustre l'atmosphère anormale dans laquelle évoluent les joueurs. Difficile, dans ces conditions, de parler d'une préparation de Coupe du Monde digne de ce nom.
Des joueurs en manque de rythme
À ces obstacles s'ajoute un handicap sportif lourd: beaucoup d'internationaux iraniens manquent cruellement de temps de jeu. Le championnat national a en effet été interrompu fin février en raison de la guerre, privant une partie de l'effectif de compétition récente avant l'échéance mondiale.
Les séances resteront fermées à la presse au moins jusqu'au 11 juin, et probablement au grand public au-delà, pour des raisons de sécurité.
La déception côté mexicain
À Tijuana, qui a dû s'organiser dans la précipitation pour accueillir la délégation, les amateurs locaux regrettent de ne pouvoir approcher l'équipe. Certains commerçants, qui ont décoré leurs vitrines aux couleurs du Mondial, auraient aimé observer la Team Melli à l'œuvre. Une frustration qui en dit long sur le climat verrouillé entourant la sélection iranienne.
Le programme de l'Iran au Mondial 2026
La sélection iranienne disputera ses trois matches de poule aux États-Unis, face à la Nouvelle-Zélande, la Belgique et l'Égypte. Un calendrier qui obligera l'équipe à franchir à chaque fois la frontière, ajoutant une contrainte logistique supplémentaire à une préparation déjà semée d'embûches.
La sélection a établi son camp de base à Tijuana, au Mexique, après l'abandon en urgence de Tucson (Arizona), sur fond de fortes tensions avec Washington. Elle traversera la frontière uniquement pour ses matches.
Les États-Unis ont refusé les visas à une quinzaine de membres du staff, dont le président de la fédération, invoquant notamment son passé au sein des Gardiens de la révolution.
L'Iran affrontera la Nouvelle-Zélande, la Belgique et l'Égypte.
Le championnat iranien a été interrompu fin février à cause de la guerre, privant de nombreux joueurs de temps de jeu avant le Mondial.











