Faut-il aussi parler de cette chute, de cette situation où les États-Unis, incapables de trouver ni
ni
pour la guerre contre l’Iran, en viennent à solliciter l’aide de la Russie et de la Chine ?
Peut-être que l’autre réalité de cette guerre tient précisément là : les États-Unis apparaissent désormais comme la force supplétive d’Israël, ce qui freine nombre d’acteurs.
Une coalition introuvable
Donald Trump cherche aujourd’hui des soldats pour une
. De la Chine au Royaume-Uni, de l’OTAN à l’Union européenne, il a multiplié les appels, les pressions, les menaces même. Mais jusqu’ici, aucun pays d’envergure n’a répondu.
Il n’y a tout simplement pas de volontaires.
Ce constat est logique. Dans tout le Moyen-Orient, chacun sait que la guerre est le produit direct des politiques américaine et israélienne.
Et personne, ou presque, n’adhère à ses justifications. Türkiye comprise
.
En Europe, les capitales ont compris que l’humiliation subie depuis l’arrivée de Trump n’était pas passagère. Elles perçoivent désormais Washington comme un pouvoir qui les considère aussi comme des centres à neutraliser idéologiquement.
Beaucoup ont donc choisi une stratégie d’attente. La gestion du conflit ukrainien, notamment après l’humiliation de Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche, a illustré cette tactique.
Même Kiev a appris à temporiser face à l’Amérique de Trump.
D’autant que les alliés traditionnels des États-Unis n’ont ni les moyens matériels ni la capacité politique d’ouvrir un second front après l’Ukraine.
Une guerre qui se retourne contre Washington
La Chine et la Russie, quant à elles, considèrent l’attaque contre l’Iran comme une attaque indirecte contre leurs propres intérêts.
Moscou cherche à maintenir Téhéran debout tout en tentant d’enliser les États-Unis dans ce conflit, afin d’en tirer un levier sur les dossiers ukrainien et énergétique.
Pékin, de son côté, voit plus loin. Le contrôle du pétrole du détroit d’Ormuz par Washington représenterait un choc stratégique majeur.
Mais la Chine comprend que l’enjeu dépasse largement le pétrole : c’est l’ouverture d’un corridor stratégique jusqu’à ses propres frontières.
Elle affiche donc son soutien à Téhéran, parfois via des canaux de renseignement selon certaines analyses, mais surtout sur le terrain diplomatique.
Elle tente d’élargir son influence auprès des pays inquiets du chaos provoqué par l’axe États-Unis–Israël, notamment dans le Golfe, en reproduisant la méthode utilisée pour le rapprochement Iran–Arabie saoudite.
L’Inde, elle aussi, ajuste sa position. Si elle reste politiquement alignée sur Israël, les images de Narendra Modi aux côtés de Benjamin Netanyahu au moment des premières frappes ont provoqué des tensions internes.
Depuis, New Delhi intensifie ses contacts avec Téhéran et cherche à apparaître plus équilibrée, tout en surveillant attentivement ses équilibres régionaux avec l’Afghanistan, le Pakistan et la Chine.
Au final, à l’exception des Émirats arabes unis et de quelques pays occidentaux, personne ne semble prêt à envoyer des troupes pour soutenir l’alliance américano-israélienne.
Et ce constat est parfaitement visible depuis Washington.
Le piège et les premiers signes de regret
Selon des analyses proches de la Maison-Blanche, la crise iranienne a cessé d’être une situation dont Trump pourrait sortir facilement. Certains évoquent même une impasse.
Plus révélateur encore, des signes de
émergent dans l’entourage du président. L’idée que l’attaque contre l’Iran ait été une erreur gagne du terrain.
D’autres lectures, notamment dans la presse britannique, lient cette guerre à des dynamiques de politique intérieure : faiblesse économique, chute dans les sondages, crises politiques.
Le conflit apparaîtrait alors comme une tentative de diversion.
Une analyse classique, peut-être, mais qui contient une part de vérité.
À l’approche des élections de mi-mandat, deux options se dessinent :
mettre fin à la guerre pour limiter les dégâts,
ou au contraire l’intensifier pour tenter de la transformer en victoire politique.
Dans tous les cas, le sentiment d’impasse s’installe.
Plus l’incertitude grandit, plus les divisions internes apparaissent.
La position ambiguë du vice-président JD Vance illustre ces tensions.
Elle permet à la fois de refléter les fractures internes et de préserver son avenir politique.
Les contradictions de Trump sont elles aussi révélatrices : il réclame le soutien de l’OTAN, puis menace de sa disparition en cas de refus.
Il souhaite la participation de la Chine tout en reportant sa visite à Pékin.
Même au sein de l’OTAN, les réactions sont claires. Des responsables militaires allemands et britanniques rappellent que cette guerre ne relève pas de son mandat.
Au fond, la recherche d’une
"alliance du détroit d’Ormuz"
apparaît comme un aveu d’impuissance. Une tentative désespérée de relancer une mise déjà perdue.
Comme dans une partie où l’on double la mise après avoir perdu.
Mais cette fois, les autres joueurs quittent la table
.