
En Syrie, les développements s’enchaînent à un rythme vertigineux. Le mouvement du PKK a perdu en un instant ses prétendus gains "historiques". Son protecteur, les États-Unis, ou plus précisément le CENTCOM, a littéralement froissé cette organisation comme un simple bout de papier avant de la jeter de côté. Quant à Israël, dont le PKK espérait le soutien, il a ignoré les événements et est resté silencieux.
À la lumière des dernières déclarations de Barrack, une chose apparaît clairement: les États-Unis ont mis le PKK hors jeu. Je ne parle pas ici d’un enfouissement définitif du PKK dans l’histoire. Mais, à moyen terme au moins, l’organisation a été rendue largement inopérante au Moyen-Orient. Ils en préserveront sans doute le noyau, mais on peut affirmer sans hésitation qu’ils ne constituent plus un problème existentiel pour La Türkiye.
Ankara a d’abord cherché à équilibrer la situation dans le cadre d’Astana (processus de négociation sur la Syrie réunissant La Türkiye, la Russie et l’Iran). Les événements du 15 juillet ont profondément détérioré les relations entre Washington et Ankara. Profitant des espaces ainsi ouverts, l’armée turque a mené une série d’opérations et réussi à créer certaines zones d’influence en Syrie. Même si ces tentatives ont rencontré des limites, elles ont constitué des étapes importantes. Avec le temps, la contradiction Israël-Iran s’est accentuée. La Russie s’est retrouvée prise entre les deux et a progressivement laissé les éléments iraniens seuls face aux frappes israéliennes. Les événements à Gaza et au Liban ont placé l’Iran de manière de plus en plus explicite dans le viseur. L’alliance États-Unis-Israël a alors approfondi sa coopération en Syrie sur une ligne clairement anti-iranienne. Le bloc anglo-saxon a décidé de lâcher Assad. Idlib et le Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ont été choisis comme épicentre de cette phase. Mais ils ont compris que rien ne serait possible sans La Türkiye. C’est précisément là qu’Ankara a su intervenir et peser. La suite est connue: Assad a été renversé en très peu de temps. La Türkiye y a joué un rôle décisif et est passée au premier plan, un fait que Trump ne se lasse pas de souligner.
Ankara avait réussi à écarter l’Iran et la Russie de Syrie. Mais une phase bien plus critique s’ouvrait. La Syrie constituait un tampon entre La Türkiye et Israël, tampon qui avait disparu après Assad. Une rivalité frontale entre La Türkiye et Israël s’engageait désormais. La clé se trouvait à Washington. Les diplomaties juive et turque s’y sont livrées une bataille acharnée. Ces derniers mois, les allers-retours entre Ankara et Washington, comme entre Tel Aviv et Washington, ont été incessants. À première vue, le poids de Tel Aviv semblait dominant.
Les États-Unis ont longtemps hésité sur leur ligne en Syrie, comme en témoignent les déclarations contradictoires de Barrack. Mais, à la fin, l’extrémisme sioniste est devenu si incontrôlable qu’il menaçait les plans globaux de Washington. Les États-Unis ont tranché. Leur décision répond largement aux thèses et aux exigences de La Türkiye. La patience d’Ankara a porté ses fruits. Pour l’instant, le tableau est limpide: Israël s’est replié, le PKK a perdu, La Türkiye a gagné.
J’ai bien sûr des réflexions sur la suite. Leur maturation demandera du temps. J’ai également certaines inquiétudes, que j’évoquerai progressivement.
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