Quand le voleur est à l’intérieur, aucune mesure de sécurité ne fonctionne

10:357/01/2026, mercredi
Yasin Aktay

L’opération menée par les États-Unis contre Maduro au Venezuela n’est, en réalité, pas différente de ce que Washington a fait pendant les années où son hégémonie était effective. Depuis le début des événements du 7 octobre, un constat s’est imposé dans les consciences. En observant l’indifférence du système international face au crime de génocide commis par l’Israël sioniste et meurtrier contre Gaza, le monde entier a compris qu’un ordre bien différent de celui que l’on imaginait régnait déjà. Certes,

L’opération menée par les États-Unis contre Maduro au Venezuela n’est, en réalité, pas différente de ce que Washington a fait pendant les années où son hégémonie était effective. Depuis le début des événements du 7 octobre, un constat s’est imposé dans les consciences. En observant l’indifférence du système international face au crime de génocide commis par l’Israël sioniste et meurtrier contre Gaza, le monde entier a compris qu’un ordre bien différent de celui que l’on imaginait régnait déjà.


Certes, en apparence, les territoires occupés sont les terres de Palestine. Et aujourd’hui, c’est Israël qui, avec ses armées les plus massives, se déchaîne contre Gaza grâce au soutien illimité des États-Unis. Mais cette image d’un Gaza écrasé et désespéré, présenté comme l’endroit le plus malheureux du globe, masque une vérité inverse.


GAZA, LE SEUL PEUPLE LIBRE QUI RÉSISTE


C
ar si Gaza semble dans la pire situation matérielle, son peuple demeure pourtant le seul peuple véritablement libre. Il est le seul à pouvoir élever la voix contre un système mondial de brigandage. L’unique société qui n’a pas perdu le sens de la dignité et de la résistance. Par conséquent, Gaza incarne une liberté que nul blocus ne parvient à étouffer.

Vous pouvez écrire désormais tous les crimes d’Israël sur le compte des États-Unis, sans rien omettre. Washington ne peut plus s’en dégager. Son rôle est devenu trop visible. En se vantant de l’opération contre Maduro, Trump a exposé sa propre contradiction, comme un coupable fanfaronnant sur sa force tout en révélant son larcin.


S’il le voulait vraiment, arrêter Israël serait l’affaire d’un instant. Une telle capacité existe. Il suffirait d’un ordre politique clair. Or, au lieu de cela, les États-Unis préfèrent maintenir leur allié hors de toute sanction.


LE NETANYAHU QU’IL FAUDRAIT ARRÊTER


Si Trump éprouvait le moindre respect réel pour la loi qu’il invoque, il devrait commencer par appliquer cette même loi à Netanyahu. Cet homme dont les crimes contre l’humanité sont connus de tous mériterait d’être immédiatement appréhendé par les États-Unis eux-mêmes. Les accusations portées contre Maduro ne représentent qu’une fraction des fautes que Washington a commises à une échelle bien plus vaste.


Beaucoup ignorent encore que le principal protecteur du trafic de drogue dans le monde est précisément l’Amérique. Ceux qui en douteraient n’ont qu’à regarder l’Afghanistan. Lorsque ce pays se trouvait sous occupation et contrôle américain, il était devenu la source la plus riche d’approvisionnement en stupéfiants pour toute la planète.
Depuis 2021, selon les données des Nations Unies, la production de drogue y a reculé jusqu’au seuil de 5 %, quantité correspondant sans doute aux usages médicinaux de l’opium.

LA LOI RICO, OUTIL DE DOMINATION GLOBALE


L’acte d’enlever Maduro de son propre pays pour le juger aux États-Unis ne possède aucune validité juridique. La loi sur laquelle repose l’acte d’accusation, la Loi RICO, c’est-à-dire
Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act (Loi contre le racket et les organisations criminelles corrompues)
, est l’un des instruments les plus puissants du système judiciaire américain. Adoptée en 1970 pour démanteler la Mafia, elle permet de relier différents crimes afin de les traiter comme une seule organisation ou entreprise. Ainsi, même si les dirigeants d’un groupe n’ont pas commis personnellement les délits, ils peuvent en être tenus responsables.

L’un des exemples civils les plus célèbres de cette loi fut le procès opposant Motorola Credit Corp. et la famille Uzan de Türkiye. Au centre du dossier figurait la société TELSİM. Cette affaire, fondée sur une accusation de fraude portant sur des milliards de dollars, s’était conclue par la condamnation des Uzan.


Aujourd’hui, Trump cherche à étendre cette logique à l’ensemble du monde. Les États-Unis ont déjà transformé certaines pratiques internes en armes juridiques. Désormais, l’administration trumpiste tente de faire de toute la planète un simple champ d’application du droit américain.


Quand l’odeur du pétrole monte au nez de l’impérialiste, l’ingérence devient irrésistible. Les menaces lancées contre la Colombie, le Mexique, Cuba, le Danemark ou le Canada montrent que cette politique n’est plus seulement celle d’un homme. Elle révèle l’essence même d’une tradition occidentale brutale, faite de vols de chevaux et de comportements de bandits.


LE VENEZUELA ET L’APPÂT DU PÉTROLE


Trump brandit l’opération Maduro comme un précédent pour exiger la soumission des pays de la région. Le seul véritable problème du Venezuela est de posséder du pétrole. Sans cette richesse, le pays n’aurait jamais intéressé Washington. C’est la même histoire que pour l’Irak.


Venezuela signifie automatiquement
"Irak bis".
L’appât du pétrole explique tout. Si le Venezuela n’avait pas été riche, Saddam Hussein aurait été laissé tranquille comme tant d’autres dictateurs. De même, si l’Irak n’avait pas été pétrolier, personne n’aurait songé à l’envahir.

DOLLARISATION, INSTRUMENT D’HÉGÉMONIE


Les États-Unis regardent le monde entier comme une extension naturelle de leur propre système. La dollarisation de l’économie mondiale traduit cette acceptation implicite. Le dollar n’est pas seulement une monnaie. Il est devenu l’outil grâce auquel Washington contrôle les flux financiers et peut priver n’importe quel pays de ses ressources monétaires.


Transformer un pays en partie intégrante du droit américain signifie l’assujettir sans honneur. Ce mécanisme permet à l’Amérique de traiter tout acteur comme un simple objet administratif.


UN RÉGIME DE COWBOYS SAUVAGES


À l’intérieur même des États-Unis, il ne reste presque plus aucune trace de justice véritable. Le droit n’est plus celui du fort légitime, mais celui de cowboys sauvages, de bandits armés et de voleurs de chevaux modernes.


La démonstration de force au Venezuela n’est pas un signe de puissance. Enlever un président de son domicile n’illustre qu’un usage brutal de la contrainte. Même la personne la plus faible mais armée peut, si elle trouve l’occasion, abattre un homme fort. Cela ne prouve pas sa supériorité. Seulement sa volonté de tirer sans scrupule.


TRAHISON INTERNE, CLÉ DE L’OPÉRATION


Le succès de l’opération contre Maduro ne vient donc pas de la force mythifiée de la Delta Force. Il résulte avant tout d’une trahison interne autour de Maduro lui-même. Sans cette complicité intérieure, Washington n’aurait jamais pu le saisir.


Les forces américaines, si souvent transformées en légende, ont en réalité accumulé les échecs. En Somalie, en Irak, en Afghanistan, elles ont connu humiliations et fiascos répétés.

Le droit doit condamner l’Amérique pour cet enlèvement. Car il s’agit clairement d’un crime. Un jour, les puissants coupables paieront pour leurs dossiers trop lourds.


APRÈS L’OPÉRATION, LE CHAOS S’ÉTEND


La menace ouverte d’Israël et des États-Unis contre tous les pays d’Amérique latine, et désormais contre un pays de l’Union européenne et de l’OTAN comme le Danemark, a déclenché une nouvelle vague de mécontentement mondial envers Washington.


Les conséquences géopolitiques de cette politique brutale apparaissent chaque jour plus dangereuses. Le monde n’accepte plus aussi facilement le diktat américain. La suite appartient désormais aux États-Unis. À eux de réfléchir aux effets d’un tel ordre de brigandage.

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