Les banques françaises vent debout contre une norme européenne sur leur devoir de vigilance

12:5924/02/2025, Pazartesi
AFP
La Fédération bancaire française (FBF) considère comme infaisable l’évaluation de l’ensemble de leur chaîne de valeur, notamment en raison de la complexité des flux financiers et des liens avec de multiples entreprises clientes.
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La Fédération bancaire française (FBF) considère comme infaisable l’évaluation de l’ensemble de leur chaîne de valeur, notamment en raison de la complexité des flux financiers et des liens avec de multiples entreprises clientes.

La Fédération bancaire française (FBF) a demandé la suspension de la directive européenne CS3D (Corporate Sustainability Due Diligence Directive), qui vise à imposer aux entreprises des obligations renforcées en matière de respect des droits humains et de protection de l’environnement.

Dans un document publié lundi, la FBF dénonce une charge administrative jugée
"inefficace et disproportionnée"
, ainsi que des sanctions pouvant atteindre 5 % du chiffre d’affaires mondial des entreprises concernées.

Une directive qui cible particulièrement le secteur financier


Adoptée pour renforcer la responsabilité des entreprises dans toute leur chaîne de valeur –y compris fournisseurs et sous-traitants–, la CS3D impose également aux banques de surveiller l’impact de leurs financements. La FBF estime que cette spécificité est injustifiée et critique la responsabilité juridique accrue qu’elle induit pour les établissements financiers.


La fédération bancaire considère comme infaisable l’évaluation de l’ensemble de leur chaîne de valeur, notamment en raison de la complexité des flux financiers et des liens avec de multiples entreprises clientes.

Un enjeu majeur pour BNP Paribas et les grandes banques françaises


Depuis 2017, la France applique déjà une loi sur le devoir de vigilance, imposant aux grandes entreprises d’adopter des mesures de prévention des atteintes aux droits humains et à l’environnement. Toutefois, cette législation nationale est aujourd’hui renforcée par la directive européenne, ce qui inquiète les banques françaises.


Le groupe BNP Paribas est particulièrement concerné. En février 2023, trois ONG – les Amis de la Terre, Oxfam France et Notre Affaire à Tous – ont assigné en justice la banque pour sa contribution au réchauffement climatique via ses financements aux industries pétrolières et gazières.

"Une approche plus pragmatique et une simplification significative apparaissent indispensables à une mise en œuvre effective et efficace, ceci tout en conservant l’ambition de la CS3D"
, a déclaré une porte-parole de BNP Paribas, citée par l’AFP.

Des critiques élargies aux autres réglementations européennes


Outre la CS3D, la Fédération bancaire française exprime son mécontentement sur plusieurs autres normes européennes, notamment :


  • La taxonomie européenne, qui classe les activités économiques durables et pourrait influencer l’orientation des financements;
  • La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), qui impose une harmonisation des données socio-environnementales publiées par les entreprises ;
  • Le Green Asset Ratio (GAR), un indicateur de performance lié à la finance durable, que la FBF souhaite voir supprimé.

Par ailleurs, la fédération demande que les
"réserves"
émises par les cabinets d’audit sur la conformité des banques aux exigences environnementales soient remplacées par de simples
"observations"
. Elle s’inquiète également de l’obligation de rendre public le nombre de plaintes liées aux droits humains, un risque jugé
"majeur et injustifié"
pour la réputation des banques.

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