France: l’État saisit la justice contre l’arrêté anti-expulsions à Saint-Denis

La rédaction avec
14:004/04/2026, Cumartesi
MAJ: 4/04/2026, Cumartesi
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Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko.
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Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a saisi le tribunal administratif de Montreuil afin d’obtenir la suspension et l’annulation d’un arrêté anti-expulsions adopté par la mairie de Saint-Denis, selon un communiqué publié vendredi.

Pris le 1er avril par le maire Bally Bagayoko, ce texte interdit jusqu’au 31 octobre les expulsions locatives sur le territoire communal, ainsi que dans la commune déléguée de Pierrefitte-sur-Seine, en l’absence de solution de relogement pour les occupants concernés.

Un contentieux entre l’État et la municipalité

Après examen, les services de l’État ont estimé que cet arrêté
"n’est pas conforme à la loi"
. La préfecture a ainsi engagé une procédure dès le 2 avril devant le tribunal administratif de Montreuil, juridiction compétente pour trancher les litiges entre collectivités locales et administration centrale.

Le représentant de l’État demande au juge administratif de suspendre en urgence l’application du texte, avant d’en prononcer l’annulation sur le fond.

En droit français, les règles encadrant les expulsions locatives relèvent de la législation nationale. La trêve hivernale, qui suspend ces expulsions entre novembre et mars, constitue le principal dispositif de protection existant.

Une mesure justifiée par l’urgence sociale

De son côté, Bally Bagayoko, élu sous l’étiquette de La France insoumise, a défendu cette décision en invoquant la situation sociale locale.

"La première urgence dans notre ville, c’est la question de l’urgence sociale",
a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’éviter les expulsions sans solution de relogement.
L’arrêté municipal prévoit que toute mesure conduisant à priver une personne de son logement doit être précédée d’un relogement effectif, dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur le logement dans certaines communes d’Île-de-France.

Des initiatives similaires ont déjà été adoptées dans d’autres villes de la région, notamment à Bagneux et Gennevilliers.

Dans ces cas, les arrêtés municipaux avaient été suspendus par la justice administrative à la suite de recours préfectoraux, au motif qu’un maire ne dispose pas de la compétence pour modifier les règles nationales en matière d’expulsions locatives.

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