
Le groupe israélien Adalah critique l’expulsion de deux Arabes israéliens à Jérusalem-Est suite à la révocation de leur citoyenneté, première mise en œuvre de la loi de 2023.
L’un des deux hommes a été libéré en 2024 après avoir purgé 23 ans de prison pour des infractions liées à la sécurité, tandis que le second purge actuellement une peine de 18 ans à la suite d’une condamnation en 2016, précise le communiqué. La citoyenneté de ce dernier doit être révoquée et il sera expulsé à sa libération.
Le communiqué souligne que la destination des Arabes israéliens expulsés n’a pas été précisée, mais que la loi autorise leur transfert vers des zones sous contrôle de l’Autorité palestinienne ou vers la bande de Gaza.
Adalah rappelle que la Cour suprême israélienne a statué en 2022 que des garanties devaient être mises en place pour protéger les personnes visées par une révocation de citoyenneté, notamment l’octroi d’une résidence permanente si cette révocation devait rendre une personne apatride.
Adalah affirme que la privation arbitraire de nationalité, en particulier lorsqu’elle entraîne l’apatridie ou une expulsion forcée, viole l’article 15 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit le droit à une nationalité, ainsi que l’article 8 de la Convention sur la réduction des cas d’apatridie.
Selon le diffuseur public israélien KAN, les deux Arabes israéliens seraient expulsés vers la bande de Gaza, une première.
Selon la chaîne israélienne Channel 12, les deux Arabes israéliens visés sont Mahmoud Ahmad, originaire de Kafr Aqab au nord de Jérusalem-Est occupée, condamné en 2001 à 23 ans de prison et libéré en 2024, et Mohammed Ahmad Hussein Halseh, de Jabal al-Mukabber à Jérusalem-Est.
Halseh a été condamné en 2016 à l’âge de 16 ans dans une affaire d’attaque au couteau et a écopé de 18 ans de prison; il devrait être expulsé à sa libération.
Les Arabes israéliens représentent plus de 20 % de la population d’Israël, qui compte plus de 10 millions d’habitants, et beaucoup affirment subir discrimination et marginalisation sous les gouvernements israéliens successifs.
Israël a été fondé en 1948 sur des terres d’où des groupes armés sionistes ont déplacé des centaines de milliers de Palestiniens. Il a ensuite occupé les territoires palestiniens restants et a refusé de se retirer ou de permettre l’établissement d’un État palestinien indépendant.











