
Le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry a annoncé, mardi, le transfert d'Aboubacar Diakité, dit "Toumba", de la Maison centrale de Conakry vers celle de Coyah. Cette mesure vise à "préserver l’ordre public et à garantir la sécurité des détenus ainsi que du personnel pénitentiaire".
Dans un communiqué signé par le procureur général Fallou Doumbouya, l’institution judiciaire informe l’opinion publique qu’une opération de contrôle et de fouille inopinée a été menée le lundi 9 février 2026 au sein de la Maison centrale de Conakry.
Selon le Parquet général, cette opération, conduite sous le contrôle des autorités compétentes, a permis la découverte et la saisie de plusieurs objets prohibés, notamment des téléphones portables, des substances psychotropes ainsi que des armes blanches telles que des ciseaux, couteaux et fourchettes, détenus illégalement par certains pensionnaires.
Menaces
Le Parquet général a par ailleurs réaffirmé sa détermination à veiller au strict respect de la loi, à la sécurité des établissements pénitentiaires et à lutter contre toute forme de criminalité, y compris celles susceptibles d’être organisées depuis les lieux de détention.
Ancien officier impliqué dans le massacre du 28 septembre 2009
Selon des témoins, les forces de l’ordre ont rapidement bouclé le secteur, procédant à des fouilles minutieuses des véhicules entrant et sortant de la zone.
Il est principalement connu pour son implication présumée dans le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, au cours duquel au moins 156 opposants ont été tués par les forces de sécurité lors d’un rassemblement politique. Visé par un mandat d’arrêt international, il était considéré comme l’un des principaux suspects dans ce dossier emblématique des violations des droits humains en Guinée.
Après avoir tenté d’assassiner Moussa Dadis Camara en décembre 2009, Toumba Diakité avait pris la fuite et vécu pendant plusieurs années sous une fausse identité. Il a été arrêté à Dakar le 16 décembre 2016, où il se cachait après avoir modifié son apparence, selon la presse sénégalaise.
Attaque de novembre 2023
À l’issue d’une procédure d’extradition, il a été transféré en Guinée le 12 mars 2017 et incarcéré à la Maison centrale de Conakry. Son extradition, après sept années de cavale, a été saluée comme un signal fort dans la lutte contre l’impunité en Afrique de l’Ouest et comme une étape clé vers la tenue du procès du massacre du 28 septembre 2009.
Pour rappel, en novembre 2023, un commando lourdement armé avait attaqué cette maison d’arrêt afin de faciliter l’évasion de l’ancien président de la transition, le capitaine Moussa Dadis Camara, ainsi que des colonels Claude Pivi et Moussa Tiégboro Camara. Ces derniers étaient détenus après leur condamnation dans le procès des massacres du 28 septembre 2009.
Moussa Dadis Camara et Moussa Tiégboro Camara s’étaient ensuite rendus aux autorités guinéennes, tandis que le colonel Claude Pivi avait été arrêté au Libéria puis extradé à Conakry après plusieurs mois de cavale.
Construite pour une capacité de 300 places, la principale prison guinéenne accueille actuellement plus de 2 000 détenus.











