France: une journaliste conteste l'usage du terme "génocide" par Danièle Obono concernant le massacre Gaza

La rédaction avec
18:2523/02/2026, Pazartesi
AA
La députée Danièle Obono (photo d’illustration)
Crédit Photo : JULIEN DE ROSA / AFP
La députée Danièle Obono (photo d’illustration)

Le débat sur la question de la terminologie dans le dossier israélien continue de s’intensifier en France, l’usage du terme "génocide" pour désigner les exactions commises par le gouvernement de Benyamin Netanyahu dans l’enclave palestinienne étant devenu un sujet de censure quasi automatique sur les plateaux.

Intervenant sur la proposition de loi visant à pénaliser l’antisionisme, récemment annoncée par le Premier ministre français Sébastien Lecornu et initialement portée notamment par la députée Ensemble pour la République Caroline Yadan, Danièle Obono, députée LFI de Paris, a dénoncé une
"instrumentalisation là aussi absolument ignoble"
.
Rappelant que la proposition de loi avait
"déjà été discutée à l’Assemblée nationale en commission"
, Mme Obono a estimé que ce texte,
"au nom de la lutte contre l’antisémitisme, prétend aujourd’hui empêcher toute critique de l’État d’Israël qui commet en ce moment un génocide, qui continue à commettre un génocide"
.
"On ne peut pas parler de génocide parce qu’il n’est pas reconnu par la communauté internationale"
, l'a interrompue la journaliste de FranceInfo, renchérissant:
"Ce n’est pas un génocide, ce n’est pas un génocide au sens juridique du terme."
"Ce n’est pas moi qui parle de génocide, c’est Omer Bartov, qui est un spécialiste du génocide, de l’Holocauste, qui est juif, qui est israélien, qui dit qu’il y a un génocide"
, a alors rétorqué la députée.
Et de poursuivre:
"Ce sont tous les experts sur la question du génocide et des spécialistes de la Shoah." "Excusez-moi, Madame, je vous laisse la responsabilité de votre négationnisme sur ce qu’il se passe en ce moment à Gaza
", a-t-elle conclu.
Réagissant à cette séquence, la secrétaire générale d’Amnesty International et ancienne rapporteuse spéciale des Nations unies, Agnès Callamard, a estimé sur le réseau social X que
"Madame Obono a tout à fait le droit d’utiliser le mot “génocide” en parlant des crimes d’Israël à Gaza"
.

Publication d’Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International et ancienne rapporteuse spéciale des Nations unies, sur X.
"En effet, pour des centaines d’experts à travers le monde, le génocide des Palestiniens est un fait établi"
, a écrit Mme Callamard, expliquant également que
"qualifier un État de génocidaire, à preuve du contraire, ce n’est pas encore un crime en France"
.
"Il n’en revient pas à la journaliste de censurer ses invités dans la mesure où ils ne commettent pas de crime"
, a-t-elle ajouté.
La députée Danièle Obono est revenue sur X pour réagir à la publication de la journaliste Brigitte Boucher et a réaffirmé ses propos ainsi que l’utilisation du terme
"génocide"
.

Publication de la députée Obono sur X.
Cette séquence intervient après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, lors du 40e dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Paris dimanche, qu’une proposition de loi pénalisant l’antisionisme serait inscrite à l’ordre du jour du Parlement
"dès le mois d’avril"
.
Fin janvier, une proposition de loi avait été adoptée par la commission des lois de l’Assemblée nationale, visant à élargir la répression de propos liés à l’État d’Israël en prohibant certaines comparaisons historiques, en interdisant des slogans utilisés lors de mobilisations pro-palestiniennes, parmi lesquels
"From the River to the Sea"
(
"De la rivière à la mer, la Palestine sera libre"
), et en sanctionnant pénalement les discours contestant l’existence ou la légitimité de l’État israélien.

En filigrane, la question posée dépasse le seul cadre de l’antisémitisme. Elle touche à la capacité de la démocratie française à tolérer des discours politiques clivants, y compris lorsqu’ils portent sur des sujets internationaux hautement sensibles.

À lire également:


#Agnès Callamard
#Danièle Obono
#France
#Gaza
#Israël
#loi antisionisme
#génocide Gaza
#Amnesty International
#liberté d'expression
#Proposition de loi
#Sébastien Lecornu