France: le gouvernement évalue à 6 milliards d’euros l’impact économique du conflit et prévoit des économies budgétaires

La rédaction avec
12:1722/04/2026, mercredi
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La porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, tient une conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres hebdomadaire à Paris, le 15 avril 2026.
Crédit Photo : LUDOVIC MARIN / AFP
La porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, tient une conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres hebdomadaire à Paris, le 15 avril 2026.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon a affirmé lors d'une intervention télévisée, que "le conflit est en train de coûter 6 milliards d’euros à la France", évoquant trois facteurs principaux : une baisse de la consommation, un ralentissement de la croissance et une hausse des taux d’intérêt augmentant la charge de la dette.

Elle a indiqué que 4 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de l’État et 2 milliards sur les dépenses sociales seraient arbitrés dans les prochains jours.

Maud Bregeon a précisé que
"l’ensemble des ministères, sans exception, devront faire un effort"
, à l’exception du ministère des Armées dont le budget augmente en raison du contexte sécuritaire.

Selon la porte-parole, les effets économiques du conflit se manifestent par une pression grandissante sur les finances publiques, notamment via la charge de la dette. Elle a également confirmé que les arbitrages budgétaires pourraient entraîner des ajustements dans plusieurs secteurs, y compris les politiques sociales.

La porte-parole a défendu une approche de
"soutien à l’activité et aux ménages modestes"
, tout en affirmant la nécessité de respecter les contraintes budgétaires.
"On ne peut pas faire n’importe quoi avec l’argent du contribuable"
, a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité d’un équilibre entre soutien économique et maîtrise du déficit.

Aides au carburant : critères et fonctionnement

Concernant les aides aux automobilistes, Maud Bregeon a détaillé les critères d’éligibilité. Le dispositif cible les ménages situés dans les déciles de revenus 1 à 5, soit
"moins de 1 500 euros net par mois pour une personne seule"
. Elle a précisé que d’autres critères s’ajoutent : être en activité, posséder un véhicule et déclarer sur l’honneur parcourir plus de 8 000 kilomètres par an.
Elle a insisté sur un dispositif
"sans flicage"
, fondé sur la confiance :
"L’État n’a pas à savoir combien vous roulez précisément par jour"
. L’aide, fixée à 50 euros par personne pour une période de trois mois, serait versée en juin. Elle représenterait environ 20 centimes par litre pour les grands rouleurs.

La porte-parole a précisé que ce mécanisme s’appliquera via un portail dédié et qu’il repose sur les données fiscales existantes, avec une déclaration sur l’honneur des kilomètres parcourus. Elle a également confirmé que des aides sectorielles continueront à être versées aux agriculteurs, pêcheurs, transporteurs et au BTP.

Énergie et politique industrielle

Sur le plan énergétique, Maud Bregeon a défendu la stratégie française combinant nucléaire et énergies renouvelables.
Elle a évoqué les progrès du secteur nucléaire, citant Flamanville et le projet de six réacteurs EPR2, qualifiés de
"chantier du siècle".
Elle a insisté sur la complémentarité des sources d’énergie, affirmant :
On n’a pas le luxe de choisir entre nucléaire et renouvelables.

Contexte macroéconomique

Selon les éléments présentés par le Premier ministre Sébastien Lecornu ce mardi, l’impact budgétaire du conflit comprend plus de 3,6 milliards d’euros de surcoût de la dette lié à la hausse des taux, plus de 1 milliard d’euros pour les opérations extérieures des forces armées, ainsi que l’impact de l’inflation sur les dépenses indexées et les exonérations de cotisations sociales. La croissance 2026 est désormais attendue à 0,9 % et l’inflation à 1,9 %.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé des mesures sectorielles ciblées sans
"chèque général"
, ainsi qu’une demande de transparence sur les marges des distributeurs, dans un climat de tensions économiques durables en raison des perturbations internationales.

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