
Trois recours pour faute en responsabilité ont récemment été déposés contre les présidents des conseils départementaux de l'Essonne, des Yvelines et des Bouches-du-Rhône.
Citées par France Info, plusieurs familles accusent les élus François Durovray, Pierre Bédier et Martine Vassal de ne pas avoir assuré la protection d'enfants placés au titre de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Ces enfants auraient été victimes de prostitution, parfois à la vue des autorités, sans qu'aucune mesure significative ne soit prise pour y mettre un terme.
Nous livrons nos enfants aux chiens.
Le phénomène, connu mais peu quantifié, a été documenté dans le rapport de la commission d'enquête parlementaire publié le 1er avril. Selon les députés, le recours à la prostitution concerne de nombreux mineurs de l'ASE. Aziz Essadek, maître de conférences en psychologie clinique et sociale, y évoque le chiffre de 15 000 mineurs concernés.
Cette affaire relance les critiques contre une gouvernance départementale jugée défaillante et relance un débat national sur l'efficacité de la décentralisation dans la gestion de la protection de l'enfance, selon France Info. Elle intervient dans un contexte où la confiance dans l'ASE est déjà fragilisée par de nombreux scandales et drames récents. La justice devra désormais déterminer si les responsabilités des élus concernés sont engagées, au-delà des constats d'impuissance déjà dressés par les institutions.
Cette crise systémique a récemment pris une dimension internationale. Une plainte a été déposée ce mois-ci contre la France auprès du Comité des droits de l'enfant de l'ONU pour des "violations graves et récurrentes" des droits des mineurs placés à l'Aide sociale à l'enfance, a annoncé l'avocate Sara Després dans un communiqué relayé par la presse française.









