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Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, assiste à la cérémonie de remise des distinctions de l'Ordre du Mérite agricole à la résidence de l'ambassadeur de France à Tokyo, le 31 mars 2026.
La France s’oppose fermement à toute frappe contre les infrastructures civiles en Iran et met en garde contre une escalade aux conséquences régionales et économiques majeures, a déclaré mardi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
"Nous nous opposons à toute frappe sur les infrastructures civiles",
a affirmé le chef de la diplomatie française, rappelant que ces attaques sont contraires au droit international.
Réagissant aux menaces du président américain Donald Trump, Barrot a averti qu’une telle stratégie entraînerait
"une nouvelle phase d’escalade et de représailles"
, susceptible de plonger la région dans
"un cercle vicieux très inquiétant".
Il a également insisté sur les conséquences économiques du conflit, soulignant que
"nous connaissons déjà une flambée des prix des carburants"
, qui pourrait s’aggraver en cas d’attaques contre les infrastructures énergétiques iraniennes.
Concernant le détroit d’Ormuz, le ministre a rappelé que
"la libre circulation des navires est un bien commun"
, appelant à sa réouverture et à la garantie de la sécurité maritime.
Il a indiqué que la France travaille avec ses partenaires à la mise en place d’un dispositif d’escorte navale, précisant qu’il s’agirait d’une mission
.
"Plus de risques que de bénéfices"
Par ailleurs, Barrot a souligné que Paris ne souhaite pas être entraîné dans le conflit.
"C’est une guerre que nous n’avons pas choisie"
, a-t-il déclaré, ajoutant que la priorité est
"la sécurité de nos compatriotes"
et la protection des intérêts français dans la région.
Il a indiqué que la France a déployé des moyens navals importants,
"comme on ne l’avait pas vu depuis très longtemps".
Sur le plan militaire, le ministre a estimé qu’une intervention terrestre américaine comporterait
"beaucoup plus de risques que de bénéfices"
, évoquant les précédents de l’Irak et de l’Afghanistan.
S’agissant du programme nucléaire iranien, il a plaidé pour une solution diplomatique.
"C’est par un dialogue exigeant et rigoureux que nous pourrons empêcher le régime iranien de développer une arme nucléaire"
, a-t-il affirmé.
Il a confirmé que des discussions étaient en cours via des médiateurs régionaux, estimant qu’elles constituent une alternative à l’escalade militaire.
Hausse des prix de l’énergie
Concernant les ressortissants français en Iran, Barrot a indiqué que deux d’entre eux sont toujours retenus, ajoutant que la France exige
"leur libération immédiate".
Évoquant la situation au Liban, il a dénoncé une situation
, appelant à un cessez-le-feu et au désarmement du Hezbollah.
Enfin, il a réaffirmé le soutien
de la France à l’Ukraine, dénonçant les frappes russes contre les infrastructures civiles.
Face à la hausse des prix de l’énergie, le ministre a souligné la nécessité de réduire la dépendance aux hydrocarbures, estimant que
"ce n’est plus acceptable".
Le conflit s’est intensifié depuis le 28 février, date du lancement d’une offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, ayant fait plus de 1 300 morts selon des sources iraniennes.En représailles, Téhéran a mené des frappes de missiles et de drones visant Israël ainsi que des installations américaines et alliées dans la région, alimentant les craintes d’un embrasement régional.
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