
Les Australiens ont clairement rejeté samedi une réforme des droits des Aborigènes, soumise par référendum, à l'issue d'une campagne acrimonieuse qui a creusé les divisions raciales dans le pays-continent.
Le projet prévoyait de créer un conseil consultatif - surnommé "La Voix" - auprès du Parlement et du gouvernement pour émettre des avis sur les lois et les politiques publiques qui affectent les populations autochtones, Aborigènes et insulaires du détroit de Torres, qui représentent 984.000 personnes, soit 3,8% de la population australienne.
Pour le camp conservateur, la réforme constituait un bricolage constitutionnel et aurait créé des divisions au sein de la société, en créant une distinction de citoyenneté.
On a fait tout ce qu'on a pu, et nous allons y revenir.
La campagne avait entraîné une avalanche de commentaires racistes sur les médias en ligne.
Pour les partisans de "La Voix", cette réforme devait contribuer à panser les plaies encore vives d'un passé de colonisation et de répression raciale.
Aujourd'hui, plus de 200 ans après la colonisation britannique, les Australiens autochtones, dont les ancêtres vivent sur le continent depuis au moins 60.000 ans, ont les mêmes droits que les autres citoyens, mais ils souffrent toujours de fortes inégalités.
"Jour de la honte"
Elle confiait avoir été traitée de raciste alors qu'elle distribuait des tracts près d'un bureau de vote de Sydney.
Je ne le suis pas.
Le chef aborigène Thomas Mayo a dit sa colère contre ceux qui ont fait campagne en faveur du "non".
Ils ont menti aux Australiens. Cette malhonnêteté ne devrait pas être oubliée par le peuple australien.
Le vote était obligatoire pour les 17,5 millions d'électeurs australiens.
Pour être adoptée, la réforme devait recueillir non seulement une majorité de vote au niveau national, mais aussi dans au moins quatre des six Etats du pays. Elle n'a obtenu ni l'un ni l'autre.









