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Les socialistes européens dénoncent le travail forcé des Ouïghours, au bénéfice d'entreprises de l'UE

Le travail forcé des Ouïghours en Chine se poursuit, y compris au sein d'entreprises chinoises vendant une partie de leur production textile à de grandes marques en Europe, dénonce un rapport, commandé par le groupe socialiste du Parlement européen, et publié mercredi.

11:37 - 6/12/2023 mercredi
MAJ: 12:27 - 6/12/2023 mercredi
AFP
Une manifestation en soutien aux ouïghoures en Turkiye, le 1er avril 2021.
Crédit Photo : OZAN KOSE / AFP (archive)
Une manifestation en soutien aux ouïghoures en Turkiye, le 1er avril 2021.
"Un volume substantiel de vêtements portant la marque du travail forcé des Ouïghours entre dans l'UE sans aucune restriction,"
affirme ce rapport, réalisé par des chercheurs du laboratoire d'études sur le travail forcé de l'Université Hallam de Sheffield en Grande-Bretagne, avec la collaboration d'ONG de défense des droits de la minorité musulmane ouïghoure.

Ce rapport a été réalisé à la demande de l'eurodéputé français de gauche Raphaël Glucksmann (Place publique) au nom du groupe socialiste du Parlement européen.

Il établit qu'environ 39 marques connues de vêtements présentent "un risque élevé" de s'approvisionner en vêtements fabriqués par des Ouïghours contraints au travail forcé.


Au moins quatre fabricants chinois de textile ayant recours à ce travail forcé ont été identifiés par ces chercheurs. Toutes vendent ensuite leurs produits à de grandes marques comme Zara, Next ou encore Prada.

Les autorités chinoises imposent depuis plus d'une décennie au Xinjiang (nord-ouest de la Chine) des mesures draconiennes au nom de l'antiterrorisme, après une série d'attentats sanglants attribués par le pouvoir à certains Ouïghours.


Ces mesures, dont le travail forcé ou des camps de rééducation, se sont durcies à partir de 2017 dans ce vaste territoire frontalier de l'Asie centrale.

Raphaël Glucksmann avait alerté dès 2019 sur la répression contre les Ouïghours, ce qui lui avait valu des sanctions de la part des autorités chinoises en 2021.


La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, attendue jeudi à Pékin pour un sommet UE-Chine, a indiqué mardi qu'elle évoquerait ces sanctions avec ses interlocuteurs chinois.


Elle doit rencontrer jeudi matin le président chinois Xi Jinping.


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