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L’Intégration africaine ou la nouvelle diplomatie sénégalaise

Le président fraîchement élu Bassirou Diomaye Faye favorise une diplomatie de proximité et a fusionné certains départements tout en transformant d'autres dans un souci de rationalisation gouvernementale.

La rédaction
14:51 - 16/04/2024 Salı
Yeni Şafak
La nouvelle ministre de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE), Yassine Fall, lors de la passation de service.
Crédit Photo : MIAAE / Média X
La nouvelle ministre de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE), Yassine Fall, lors de la passation de service.

C’est ainsi qu’une transformation significative est intervenue au sein du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'Extérieur, qui, sous la direction de Bassirou Diomaye Faye, élu dès le premier tour lors des élections du 24 mars dernier, est devenu le ministère de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères.


Yassine Fall, ancien fonctionnaire des Nations unies et économiste, occupe désormais ce poste. Ce changement de dénomination découle de la volonté du nouveau gouvernement de réorienter sa politique étrangère vers un renforcement des liens avec les nations africaines.

Cette nouvelle orientation est clairement exprimée dans le programme politique de Bassirou Diomaye Faye, qui prône:


Une véritable intégration sous-régionale et africaine.

La coalition Diomaye Président s'engage dans ce projet de société à renforcer la sécurité aux frontières, à promouvoir l'interconnexion des infrastructures avec les pays de la sous-région et à dynamiser les relations économiques, commerciales et sociales entre les peuples. Elle envisage également la mise en place d'un programme décentralisé impliquant les États ouest-africains, avec des initiatives telles que des foires commerciales, des événements socio-culturels et des jumelages entre les villes ouest-africaines.


Cette nouvelle orientation politique étrangère implique de même le renforcement des missions diplomatiques du Sénégal dans les pays africains, notamment par la construction d'ambassades conformes au rayonnement international du Sénégal et par l'affectation d'ambassadeurs et de diplomates expérimentés.

Dans le même esprit, le développement de sources d'énergie renouvelable à l'échelle sous-régionale est préconisé, en exploitant les vastes potentiels de la région en termes d'ensoleillement, de cours d'eau et de vents, ainsi que la création de centres de recherche performants sur les énergies renouvelables et la production d'énergie.


Lors de son installation comme nouvelle cheffe de la Diplomatie sénégalaise, Mme Fall a rappelé:


La diplomatie sénégalaise a su se forger une réputation remarquable dans la sous-région, en Afrique et à travers le monde, grâce aux hommes et aux femmes qui s'y consacrent inlassablement.

Elle ajoute en rappelant à ses collaborateurs:
"nous devons ensemble poursuivre cette œuvre en mettant l'accent sur la diplomatie de développement, en renforçant notre action pour le bien-être de nos compatriotes, notamment les Sénégalais de l'extérieur, tout en veillant à accorder une importance particulière à l'implication de la jeunesse en faveur de l'intégration africaine."

Crédit Photo : MIAAE / Média X
Yassine Fall, ministre de l'intégration africaine et des Affaires étrangères, a reçu l'ambassadeur du Mali.

En 1963, le Sénégal a joué un rôle important dans la fondation de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) devenue l’Union africaine en 2002.

Bien que le président Bassirou Diomaye Faye envisage d'étudier la possibilité de quitter le franc CFA, il demeure un fervent partisan du renforcement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à travers des réformes majeures.


Dans son programme, il propose de réformer cette institution régionale en renforçant le Parlement de la Communauté et la Cour de Justice, tout en
"atténuant la prépondérance de la Conférence des chefs d'État et de Gouvernement".

Cette position devrait à terme permettre au Sénégal, membre fondateur de la CEDEAO en mai 1975, de jouer un rôle de médiateur dans les crises traversées par l'organisation communautaire.

En janvier dernier, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé, avec effet immédiat, leur retrait de la CEDEAO, critiquant l'abandon par l'institution de ses principes fondateurs et la mainmise de certaines puissances étrangères. Quatre mois plus tôt, Ouagadougou, Bamako et Niamey, dirigés par des militaires suites à des coups d’État ont créé l’Alliance des États du Sahel (AES).


En dehors de la CEDEAO, la présence du Mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, président en exercice de l’Union africaine et d’Aziz Akhannouch, représentant du Roi Mohammed VI du Maroc, seul pays invité en dehors de la région ouest-africaine, est un signal fort lancé par les nouvelles autorités en faveur d’un renforcement des relations entre Africains.


Par Souleymane Fall


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