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L'UE cherche à rassurer l'Ukraine avant un sommet "très difficile"

L'Union européenne s'efforce coûte que coûte de rassurer l'Ukraine avant un sommet européen en décembre, déjà jugé "très difficile", dont Kiev attend pourtant avec impatience qu'il récompensera ses efforts en vue de rejoindre l'UE.

12:19 - 22/11/2023 Çarşamba
MAJ: 12:51 - 22/11/2023 Çarşamba
AFP
Le président de Conseil européen, Charles Michel et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors de leur rencontre à Kiev, le 21 novembre 2023. Crédit photo: UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
Le président de Conseil européen, Charles Michel et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors de leur rencontre à Kiev, le 21 novembre 2023. Crédit photo: UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP

Or, rien ne dit que les 27, réunis à la mi-décembre à Bruxelles, parviendront à s'entendre sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Ukraine, étape indispensable avant son accession à l'Union européenne.


Le président du Conseil européen Charles Michel est venu mardi à Kiev rencontrer le président Volodymyr Zelensky et l'assurer du soutien sans faille de l'Europe.


Lors d'une conférence de presse aux côtés du président ukrainien, M.Michel a assuré:


Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour convaincre mes collègues que nous avons besoin d'une décision en décembre.

Il a choisi de revenir en Ukraine, où il est déjà allé quatre fois, dix ans jour pour jour après le début de la révolution pro-européenne du Maïdan, qui a marqué, selon M. Michel, le
"début du chemin vers l'Europe"
pour les Ukrainiens. L'UE a le
"devoir moral" et la responsabilité stratégique"
d'apporter une réponse positive à l'Ukraine, a-t-il insisté.

Multipliant les mises en garde à l'adresse des Européens, il a semblé aussi préparer le terrain à un non des 27 à l'Ukraine le mois prochain. 

"Je ne me prépare pas à un échec en décembre. Je veux travailler à un succès"
, a-t-il assuré. Mais
"l'UE est un processus, elle est en construction, elle est basée sur des efforts constants, parfois frustrants"
, a-t-il expliqué à des journalistes européens avant sa rencontre avec M. Zelensky. Et de citer une précédente négociation budgétaire des 27, qui s'était soldée par un échec, avant un succès inespéré quelques semaines plus tard.

"Dernière date"


À Kiev on souligne cependant que c'est plus que jamais le moment pour les 27 de décider avant qu'ils ne soient accaparés par les élections européennes de juin prochain.
"C'est la dernière date avant les élections",
a ainsi mis en garde la vice-Première ministre ukrainienne en charge de l'intégration européenne Olha Stefanichyna.

Il ne faut pas donner
"d'éventuelles victoires"
au président russe Vladimir Poutine, a souligné de son côté le président Zelensky.

Ce dernier a toutes les raisons de s'inquiéter.
"Je ne sous-estime pas les difficultés politiques lors du sommet de décembre"
, a reconnu M. Michel, pour qui ce rendez-vous s'annonce
"très difficile".

Car si la plupart des 27 sont convaincus de l'importance stratégique d'une adhésion de l'Ukraine, certains traînent les pieds. Un accord sur l'Ukraine ou sur la Moldavie, autre pays de la région qui attend l'ouverture de négociations d'adhésion, requiert l'unanimité des 27. Or, la Hongrie de Viktor Orban s'est montrée jusqu'à présent inflexible, bloquant par exemple une aide européenne de 500 millions d'euros à l'Ukraine.


Et elle n'est pas la seule.
Plusieurs pays européens sont très prudents vis-à-vis de ce grand pays agricole de 40 millions d'habitants, et redoutent les déstabilisations que son adhésion pourrait provoquer.
Les besoins de l'Ukraine sont immenses, et certains États membres deviendront débiteurs nets auprès de l'UE après avoir été bénéficiaires nets pendant des années.

Certains pays s'inquiètent également du sort des pays des Balkans qui frappent aussi à la porte de l'Europe. Ils réclament des avancées en décembre en échange d'un oui à l'Ukraine. Or, plusieurs autres estiment qu'un pays comme la Bosnie, par exemple, est loin d'être prêt.


Pire, les pays européens peu enclins à voir l'Ukraine les rejoindre, pourraient être tentés d'utiliser une disposition prévue par la Commission européenne, pour tout renvoyer au printemps. 

Bruxelles a certes rendu début novembre un avis positif sur la capacité de Kiev à ouvrir des négociations d'adhésion, mais la Commission a également décidé d'examiner en mars l'état des avancées dans plusieurs pays candidats, dont l'Ukraine.


Certains pays européens, parmi les plus réticents vis-à-vis de l'Ukraine, pourraient alors être tentés d'utiliser ce nouveau rendez-vous en mars pour ne rien décider en décembre. 


M. Michel s'est ainsi dit
"surpris"
par cette clause convenue par la Commission européenne, qu'il redoute de voir utiliser comme un
"argument"
dans la discussion par les États membres les moins enthousiastes à voir l'Ukraine les rejoindre.
"Cela aura un impact sur la façon dont nous décidons"
, a-t-il averti.

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