Malaisie-Norvège: 252 millions réclamés pour missiles annulés

La rédaction avec
13:5519/05/2026, Salı
AFP
Le ministre malaisien de la Défense, Mohamed Khaled Nordin, prend la parole lors du 21e sommet du Dialogue de Shangri-La, à l'hôtel Shangri-La de Singapour, le 2 juin 2024.
Crédit Photo : NHAC NGUYEN / Archive / AFP
Le ministre malaisien de la Défense, Mohamed Khaled Nordin, prend la parole lors du 21e sommet du Dialogue de Shangri-La, à l'hôtel Shangri-La de Singapour, le 2 juin 2024.

Le ministre de la Défense malaisien a annoncé que Kuala Lumpur réclame de 252 millions de dollars d'indemnités à Kongsberg Defence & Aerospace après l'annulation par Oslo des licences d'exportation de missiles destinés aux nouvelles frégates.

Réclamation d'indemnités record

Selon Mohamed Khaled Nordin, le gouvernement a adressé une mise en demeure à Kongsberg Defence & Aerospace exigeant des compensations pour les coûts directs et indirects engendrés par la révocation des autorisations d'exportation du système de missiles destinés aux nouvelles frégates. Le ministre a précisé que les coûts directs s'élèvent à 126 millions d'euros, soit 146,6 millions de dollars déjà versés à l'entreprise norvégienne, tandis que les coûts indirects incluent les pénalités de retard et les dépenses supplémentaires liées à la suspension du programme naval.

Justification des coûts et détails financiers

Par ailleurs, Kuala Lumpur exige le remboursement intégral des coûts indirects, évalués à plus d'un milliard de ringgit, soit 251,6 millions de dollars de compensation totale. Cette somme substantielle reflète les perturbations majeures causées par la décision unilatérale d'Oslo sur la chaîne logistique et le calendrier de construction, a indiqué le ministre lors d'une déclaration à la presse sur le chantier naval de Lumut, situé à environ 160 kilomètres de la capitale fédérale.

Tensions diplomatiques entre Kuala Lumpur et Oslo

Le ministère norvégien des Affaires étrangères avait confirmé la semaine dernière la révocation de "certaines licences d'exportation de technologies de défense spécifiques vers la Malaisie", précisant que cette mesure résultait uniquement de l'application stricte de la réglementation norvégienne sur le contrôle des exportations d'armements. Toutefois, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim avait aussitôt exprimé la "vive opposition" de son pays lors d'un entretien téléphonique avec son homologue norvégien Jonas Gahr Stoere, qualifiant cette décision d'"unilatérale et inacceptable" au regard des engagements contractuels précédemment validés.

Historique du controversé projet LCS

La Malaisie avait approuvé le contrat du projet LCS en 2011 pour un montant initial de six milliards de ringgits portant sur six navires de patrouille littoraux, mais ce programme a été entaché d'allégations de mauvaise gestion et d'une inflation chronique des coûts alors que les bâtiments n'avaient toujours pas été livrés plus d'une décennie plus tard. De plus, un réexamen gouvernemental approfondi a conduit à relancer le projet en 2023 avec une flotte réduite à cinq unités, tandis que la livraison du premier navire, initialement prévue pour le mois d'août, a été repoussée à décembre en raison de retards persistants dans l'approvisionnement en équipements et de travaux de retouche nécessaires.


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