Interview Exclusive de Mathilde Panot: "Nous n'arrêterons jamais de nous battre"

La rédaction
10:3618/05/2026, Pazartesi
MAJ: 18/05/2026, Pazartesi
Yeni Şafak

À Paris, des milliers de manifestants se sont rassemblés pour les 78 ans de la Nakba à l’appel de collectifs pro-palestiniens. Présente dans le cortège, Mathilde Panot a dénoncé la "complicité" de la France dans le génocide à Gaza et réclamé des sanctions contre Israël. Le militant Elias d’Imzalène a également appelé à poursuivre la mobilisation en soutien au peuple palestinien. La manifestation, marquée par de nombreux drapeaux palestiniens et slogans de solidarité avec Gaza, s’est déroulée place de la République.

À l’occasion des 78 ans de la Nakba, des milliers de manifestants se sont rassemblés place de la République, à Paris, à l’appel d’Urgence Palestine et de plusieurs collectifs solidaires. Nouvelle Aube y a recueilli les propos de Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire La France insoumise, et du militant Elias d’Imzalène.

Sous un ciel parisien traversé de drapeaux palestiniens, le cortège s’est élancé samedi après-midi depuis la place de la République.

Au milieu des keffiehs, des banderoles et des chants scandés en arabe et en français, la foule a commémoré un événement qui, pour les manifestants, reste un processus toujours en cours.

Cette mobilisation s’inscrivait dans le cadre du 78e anniversaire de la Nakba, la "catastrophe" en arabe, qui désigne l’expulsion massive des Palestiniens de leurs terres en 1948.


Mathilde Panot: "La France doit prendre des sanctions"


Croisée dans le cortège, la députée du Val-de-Marne et cheffe de file des Insoumis à l’Assemblée nationale n’a pas mâché ses mots.

"Nous sommes à la manifestation contre les guerres illégales de Trump et de Netanyahou"
, a-t-elle déclaré à Nouvelle Aube.

Revenant sur la portée de cette journée, Mathilde Panot a rappelé la dimension historique et actuelle de la Nakba.

"Nous commémorons la Nakba, qui a vu la moitié du peuple palestinien se faire expulser de ses propres terres et des centaines de villages palestiniens se faire détruire. Et qui n’est pas juste un événement historique. C’est un événement qui continue toujours aujourd’hui, avec le génocide malheureusement toujours en cours à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie"
, a-t-elle affirmé.

Pour la députée, la mobilisation citoyenne répond à un impératif moral et politique: refuser la complicité.

"Nous sommes d’abord là pour réaffirmer que le peuple de France, aux côtés des peuples du monde, refuse que notre pays et que le monde entier soient complices d’un génocide. Et que nous n’arrêterons jamais de nous battre pour les droits du peuple palestinien à s’autodéterminer, pour le droit au retour des réfugiés palestiniens conformément au droit international, et tout simplement pour que le peuple palestinien puisse vivre en dignité et en liberté"
, a-t-elle poursuivi.

Une dénonciation de la politique israélienne et du silence français


Mathilde Panot a également dénoncé un projet législatif israélien, qu’elle présente comme une nouvelle étape dans l’institutionnalisation de l’apartheid.

"En Israël, une loi est suspendue actuellement, qui institutionnalise l’apartheid jusque dans la peine de mort. Je rappelle qu’il y a 10 000 prisonniers palestiniens actuellement dans les geôles israéliennes. Donc nous nous battons aussi contre cette loi, et évidemment contre la politique génocidaire de Netanyahou"
, a-t-elle déclaré.

Face à cette situation, la présidente du groupe LFI a réitéré les exigences portées par son camp politique.

"La France doit prendre des sanctions, doit décider de la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, doit décréter un embargo sur les armes. Bref, faire exactement le contraire de ce qu’elle fait aujourd’hui"
, a-t-elle martelé.

Elle a aussi dénoncé la répression des voix solidaires de la Palestine.

"Nous n’arrêterons jamais, au moment même où les voix pour la paix un peu partout dans le monde et en France se font réprimer. Et si nous sommes là, semaine après semaine, c’est pour dire que jamais nous ne laisserons le peuple palestinien et la Palestine disparaître"
, a-t-elle ajouté.

Elias d’Imzalène: "Nous sommes leur voix à Paris"


Présent dans le cortège, le militant Elias d’Imzalène a livré à Nouvelle Aube un message empreint d’émotion et de détermination.

"Bonjour à toutes et à tous. On est heureux aujourd’hui d’être présents à Paris pour notifier au monde entier que le souvenir demeure: le souvenir d’une résistance, de gens qui ont résisté pendant des années, maintenant plus de 100 ans"
, a-t-il déclaré.

Il a ensuite adressé un message aux Palestiniens de Gaza.

"Aujourd’hui, nous sommes ici. Eux nous entendent à Gaza, nous entendons leur voix, nous sommes leur voix à Paris. Et inchaAllah, la victoire"
, a-t-il affirmé.

Une mobilisation pro-Palestine qui se poursuit en France


Au-delà des prises de parole, la manifestation parisienne témoigne d’un mouvement de solidarité qui ne faiblit pas.

Familles, étudiants, syndicalistes, élus de gauche et collectifs musulmans ont marché côte à côte dans un même refus de l’indifférence.

Alors que le génocide se poursuit à Gaza et que la colonisation s’accélère en Cisjordanie, les voix mobilisées en France portent une exigence claire: faire respecter le droit international et mettre fin à la complicité des États occidentaux.

Comme le résumait une banderole en tête de cortège:
"78 ans de Nakba, 78 ans de résistance."

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